Archive for mai 2012

Les rapports explosifs de l’Inspection générale enfin publiés !

31 mai 2012

En les lisant, on comprend pourquoi Luc Chatel ne souhaitait pas publier ces 17 rapports de l’Inspection générale. Les constats sont accablants.

En maternelle, alors même que les élèves n’ont pas appris à lire, «il y a abondance d’écrits dans la classe … Les enfants interrogés au hasard ne savent pas de quoi il s’agit sauf pour les prénoms, les couleurs et l’étiquetage relatif au schéma corporel ».(L’Ecole Maternelle, p. 95)

A l’école  primaire, c’est pire encore : les directeurs d’école  « savent mal ce que font les maîtres » (Note de synthèse sur le suivi de l’enseignement en primaire : pilotage local et suivi des élèves, p.3).

Et ils s’en fichent : « les directeurs rencontrés se disent absorbés par leurs tâches administratives et relationnelles au détriment de leur investissement pédagogique et sans en éprouver de regrets particuliers » (p.4)

>> Lire les rapports

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Être réac’ pour révolutionner l’éducation

25 mai 2012

« Je suis une prof réac et fière de l’être », proclame Véronique Bouzou, dans son dernier livre.

Dans ce nouvel essai, l’auteur de Ces profs qu’on assassine, professeur de lettres dans un collège de région parisienne, n’hésite pas à aborder les sujets qui fâchent : discipline, immigration,…

Elle fustige aussi les initiatives « de ceux qui s’acharnent à vouloir façonner le cerveau des élèves dès leur plus jeune âge et qui tentent de dicter aux professeurs de nouveaux modes d’enseignements, plus « adaptés » à la « diversité » des « apprenants ». Autant de termes qui renvoient au jargon dont raffolent les « démagos-pédagos ».  (p.185).

Un chapitre entier est consacré aux 8 propositions de SOS Education, contre la violence à l’école. Commentées et argumentées, l’auteur rappelle que ces propositions ont été signées par 145 députés.

Portrait de l’école d’aujourd’hui, réflexions sur les solutions immédiatement applicables, Je suis une prof réac et fière de l’être est surtout le cri du cœur d’une enseignante qui refuse de voir sombrer l’Éducation nationale.

Je suis une prof réac et fière de l’être, éditions La Boîte à Pandore 17,90€

Retrouvez également Véronique Bouzou sur son blog : www.blogreac.info/

Suppression des évaluations à l’école primaire, attention danger

22 mai 2012

Si vous êtes enseignant à l’école primaire ou parent d’un enfant scolarisé, votre avis nous intéresse.

Comme chaque année, les évaluations à l’école primaire suscitent les réactions les plus … paranoïaques. A force de critiquer, c’est le principe même de l’évaluation un tant soit peu normée qui finit par être remis en question.

En Angleterre, l’équipe de SOS Éducation a vu fonctionner un système sensationnel : celui du cahier des élèves les plus en difficultés. Pour les élèves qui accusent des retards importants, un cahier est confectionné au nom de chaque élève. Les professeurs y mettent à l’intérieur les devoirs les plus significatifs de l’élève.
Ce cahier suit l’élève tout au long de sa scolarité. Il est à la disposition de tous les professeurs qui peuvent le consulter à loisir.
A la rentrée, en cas de changement de professeurs, pour la visite des inspecteurs, les cahiers sont ouverts.

Mais surtout ces cahiers ne rendent aucunement l’évaluation de tous les élèves obsolète. Au contraire. Les écoles les plus en difficulté qui cherchent véritablement à permettre à leurs élèves de s’en sortir, réalisent trois évaluations dans l’année. Les professeurs n’en ont pas peur et je dirais même plus, ils reconnaissent qu’elles leur sont utiles.

En allumant la radio ce matin, le son de cloche des professeurs en France m’a semblé bien différent en entendant une enseignante de CM2 dire  :

« Même les enfants de maternelle sont évalués….. Après, on se plaint qu’ils ne savent pas bien écrire, qu’ils sont gauches quand ils font du sport, qu’ils sont maladroits. Mais évidemment, à chaque fois, on prend sur le sport, sur l’éveil, parce qu’il y a ces évaluations ….

A SOS Éducation, on avait plutôt l’impression que c’était la surcharge d’activités (découverte du monde, anglais, histoire de l’art, etc…) qui faisait que chaque instituteur, s’il respecte le programme à la ligne, n’arrive pas à dégager assez de temps pour le Français et les mathématiques…

Pour écouter l’émission, cliquez ici

Les enseignants ne sont pas formés mais « déformés »

21 mai 2012

Je suis professeur des écoles. Il y a 10 ans, j’étais en formation et déjà effarée de la dictature idéologique que l’on nous imposait.

La méthode globale de lecture était toujours enseignée en IUFM et Centres de Formation Permanente (CFP) il y a 10 ans, mais sous une forme déguisée, nommée méthode interactive.
Ce qui est encore plus grave, c’est que cette méthode est appliquée dans toutes les disciplines: maths, sciences, histoire, français, art… Les enfants n’ont plus de repères.

Pour citer un exemple parmi tant d’autres, je me souviens avoir été prise à partie par le prof d’histoire pour avoir osé soutenir qu’il était plus judicieux de l’enseigner dans l’ordre chronologique, et non plus au gré de nos envies et de nos projets ou de l’actualité en primaire.

Il me semblait en effet important de souligner que non seulement les professeurs ne sont pas formés mais qu’ils sont réellement « déformés »(selon les termes du directeur de CFP) et que c’est toujours d’actualité pendant les sessions de formation continue.

Une enseignante des Hauts-de-Seine

3 Questions à Anne-Marie Gaignard

15 mai 2012

3 Questions à Anne-Marie Gaignard, Présidente de l’association Plus jamais Zéro, qui vient en aide aux enfants ayant de grosses difficultés de lecture et/ ou d’orthographe.

Comment est né Plus Jamais Zéro ?

Plus Jamais Zéro est née de mon expérience personnelle. Élève, j’étais mauvaise en orthographe, je ne pouvais écrire un mot sans me tromper.
Pendant des années, j’ai été étiquetée dyslexique. Ce n’est qu’à 36 ans que j’ai découvert que je n’étais pas dyslexique, mais dysorthographique.
L’origine de mes problèmes venait de ce que la méthode d’apprentissage de l’orthographe utilisée en classe ne me convenait pas. Cela m’a anéantie.

Pendant plus de 30 ans, ma vie avait été gâchée à cause d’une mauvaise méthode. Mais c’est de là qu’est partie l’idée d’aider les élèves qui, à cause d’une méthode inadaptée, sont en difficulté pendant toute leur scolarité.

Qui sont les enfants qui s’adressent à vous ?

Ce sont des enfants qui viennent de tous les milieux. Souvent, ils ont dû se débrouiller avec une méthode semi-globale. Quand je leur pose la question, ils ne se rappellent pas avoir appris à lire. Mais ils me disent qu’ils ont galéré, qu’ils n’aiment pas lire. Or, à la rentrée 2010, 80% des manuels scolaires vendus sont des méthodes semi-globales.

Quand un enfant apprend à écrire un mot en l’orthographiant mal, cela reste, c’est un ancrage, qui devient rapidement un handicap. Mon travail consiste à démonter le mécanisme caché derrière cet ancrage.

Comment vivent-ils la dysorthographie ?

Les enfants qui nous arrivent sont dysorthographiques sévères. Le plus dramatique, c’est qu’ils se sentent coupables. Ils sont angoissés à l’idée d’aller à l’école au point de s’automutiler. Nous avons eu le cas d’une petite fille qui, à son arrivée chez nous, se mangeait littéralement les lèvres et les ongles.

Ces problèmes en amènent d’autres : en classe, ce sont des enfants dissipés, qui perdent tout, qui ne parviennent pas à se concentrer. Les devoirs à la maison deviennent un véritable pugilat. L’ambiance à l’heure des devoirs est cauchemardesque. Au lieu de durer 45 minutes, cela dure 2 heures, dans les cris et les larmes.

Les parents sont désemparés : ni les psychologues, ni les orthophonistes ne parviennent à donner des réponses adaptées aux problèmes de leurs enfants et c’est normal. Ils sont dysorthographiques, et n’ont pas besoin de rééducation du langage.

Avec nous, les enfants reprennent confiance. Dès les deux premières heures, ils font preuve de sérieux, de concentration et sont soulagés : ils comprennent enfin les raisons de leur handicap et parviennent à se corriger.

www.plusjamaiszero.fr

Une graphothérapeute s’adresse aux enseignants

3 mai 2012

Graphothérapeute depuis 17 ans, Marie-Christine Foy tire la sonnette d’alarme : dans son cabinet des Yvelines,  elle voit des enfants de plus en plus jeunes souffrant de difficultés de plus en plus graves en écriture. « Il y a une méthode précise pour apprendre à tracer les lettres dans les lignes, mais bien souvent, les instituteurs n’y sont plus formés.».

Afin d’aider et de guider les professeurs dans l’enseignement de l’écriture, elle a publié L’art d’apprendre à écrire aux éditions Desclée de Brouwer.
« Le rôle des enseignants est essentiel ! Je soutiens qu’ils peuvent, à eux seuls, réduire de moitié, dans les prochaines années, le nombre d’élèves souffrant de dysgraphies et par conséquent, la proportion d’enfant en situation d’échec scolaire. »