Archive for avril 2012

Une école dédiée à la méthode syllabique

27 avril 2012

C’est le pari audacieux de Françoise, mère de 5 enfants et institutrice à la retraite. « Je veux agir pour que cesse enfin le gâchis à l’école ». Pourtant, rien de prédisposait cette mère de famille à devenir une militante de la cause syllabique.

Après avoir suivi la scolarité de ses cinq enfants, elle décide de  passer le concours et intègre l’IUFM à 45 ans. « Je n’avais que mon bac, mais étant mère de famille nombreuse j’avais la possibilité de passer les concours administratifs ».

Elle découvre alors un autre monde : « C’était l’époque où on disait que l’enfant devait trouver par lui-même. Il devait construire son savoir. Il était interdit de faire lire un enfant à voix haute, car quand on lit à voix haute, c’est pour communiquer quelque chose aux autres. Lorsque je parlais de la méthode Boscher, qui avait très bien fonctionné avec mes enfants, on me répondait que c’était la méthode la plus bête du monde : les enfants ânonnent au lieu de lire ».

Pendant presque 20 ans, elle enseigne la lecture à ses élèves de CP grâce à la syllabique. Elle réussit même à convaincre certaines de ses collègues : « l’institutrice de CE2 avait pris l’habitude de m’envoyer, discrètement, ses élèves qui ne savaient pas lire ».

Retraitée depuis 2007, elle décide d’agir « Je veux prouver que le  niveau catastrophique de l’école aujourd’hui n’a pas des causes sociales, mais méthodologiques. »

Son idée : ouvrir une petite école, gratuite  afin que tous les enfants, quelle que soit leur origine puissent apprendre avec de bonnes méthodes.

SOS Education soutient Françoise à 100% et met toute son énergie au service de ce projet.

Françoise a créé une association « Pour une autre école » et tient un blog passionnant, véritable journal de bord qui parle aussi bien de l’avancée du projet, que de son approche de l’enseignement de la lecture.

http://www.pouruneautreecole.blogspot.fr/

SOS Éducation vous proposera régulièrement ses meilleurs articles.

Dernière ligne droite pour influencer les candidats

24 avril 2012

Dès le premier tour, les candidats ont été obligés de s’engager pour sauver l’école primaire.

Entre le 1er mars et le 22 avril, ils ont reçu plus de 170 000 messages pour sauver l’école primaire. Ils n’ont pas été sollicités 500, ni même 1000 fois… mais 10 000 à 20 000 fois ! Grâce à votre mobilisation, ils SAVENT que l’école primaire est la priorité des priorités.

Nous sommes dans la dernière ligne droite! Et pourtant… A deux semaines du deuxième tour, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande n’ont compris quoi que ce soit au sujet :

  •  60 000 enseignants supplémentaires propose l’un…
  •  2000 euros par enfant en difficulté en fin de CP renchérit l’autre…

Ils proposent les mêmes rengaines : « avec plus de moyens, on fera mieux« . Ce n’est pas VRAI. Des moyens supplémentaires, l’école en a eu, tous les ans depuis trente ans et cela n’a rien donné.

Le vrai problème, c’est ce que l’on enseigne aux enfants.

Vous aurez beau dédoubler les classes de CP, si vous ne changez pas les méthodes pour apprendre à lire, cela ne donnera rien. On le sait, on l’a déjà fait et cela a été un échec monumental. Le seul moyen de changer les résultats de nos enfants et de les faire réussir, c’est de leur enseigner les bonnes méthodes, celles qui ne les embrouillent pas, mais qui leur permettent de se construire en même temps qu’ils acquièrent des savoirs pour la vie.

Mais VOUS pouvez rendre les idées claires aux candidats !
Aujourd’hui, plus que jamais, votre ACTION est nécessaire: cliquez sur le lien ci-dessous pour écrire directement aux candidats !

www.sauvezlecoleprimaire.fr

Mobilisez votre entourage!
Plus ils recevront de messages et plus ils seront OBLIGÉS de s’engager pour sauver l’école primaire !

Au cours des cinq dernières années, plus d’un million d’élèves sont sortis du primaire sans savoir ni lire, ni écrire correctement. Et cela va continuer si personne ne fait rien. Veut-on continuer à compromettre l’avenir de nos enfants et en faire des chômeurs et des désespérés ? C’est le futur de notre pays tout entier qui est en jeu aujourd’hui.

Une victoire pour SOS Éducation : le Ministre a enfin compris qu’il pouvait agir !

17 avril 2012

Le Ministre de l’Éducation vient de comprendre que la dictée est nécessaire et l’a fait savoir à grand renfort de presse, ce lundi 16 avril à six jours du premier tour. La circulaire est éditée.

Pourtant, l’étude qui montre la chute du niveau des élèves était sur son bureau à son arrivée au ministère, il y a quatre ans.

14 fautes en moyenne sur une copie de 2007

Une étude réalisée sur les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle (1987-2007) a permis de constater une baisse significative du niveau en orthographe, souligne le ministère. Le nombre d’erreurs en moyenne sur une dictée d’une dizaine de lignes est passé de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007. Le pourcentage d’élèves qui faisaient plus de 15 fautes est passé dans le même temps de 26% à 46%.

Renforcer l’enseignement de l’orthographe est un enjeu majeur pour la réussite des élèves parce que la maîtrise de l’orthographe conditionne celle de la langue française, notamment la compréhension des écrits et l’identification des mots, écrit le ministère.

La dictée, mais aussi la rédaction permettent  aux enfants d’apprendre, dès les premières années de primaire, à manipuler et à maîtriser la langue française.

A nous de faire comprendre au prochain ministre qu’il n’a pas besoin d’attendre un quinquennat pour agir!

Voir la circulaire sur l’enseignement de l’orthographe

Lire le communiqué du Ministère

« Je suis marquée au fer rouge » : une ex-dysorthographique témoigne

10 avril 2012

Diagnostiquée dyslexique, ce n’est qu’à 36 ans qu’Anne-Marie Gaignard se rend compte que ce n’est pas son cerveau qui est en cause mais la façon dont elle a appris à lire et à écrire, avec une méthode globale dans une école pilote des pays de Loire  » J’ai servi de cobaye » raconte-t-elle
En 2010, elle a fondé l’association Plus Jamais Zéro pour venir en aide aux enfants en très grande difficulté scolaire. Elle revient sur la souffrance inimaginable des enfants qui n’ont pas su apprendre à lire au CP.

Ancienne dysorthographique sévère, …j‘écrivais comme j’entendais. Salle d’eau : « saldo » sans avoir la conscience des mots. Et ça m’a collé à la peau.Cette méthode globale, c’est mon cauchemar. J’adorais les mots. J’adorais l’oral – d’ailleurs, je l’ai développé. Mais je ne pouvais pas me servir de mon crayon. À chaque fois que je me servais de ce foutu crayon, c’était pour me faire descendre. Et ça m’a suivie toute ma scolarité.

On m’avait offert un dictionnaire. Je me suis dit « je suis sauvée : un dictionnaire, il y a tous les mots dedans ! Je vais les apprendre par cœur ». Je dormais avec mon dictionnaire… mais voilà : fallait-il encore trouver le mot. À l’époque ma mère me disait d’apprendre tant de mots dans le dictionnaire et de lui réciter les définitions. « Hélicoptère ». Je l’ai cherché, je ne l’ai jamais trouvé. Parce que je ne suis pas allée au « h »!

De l’humiliation en permanence : du rouge sur la copie… on ne comprend pas ce qu’il nous arrive.

On m’avait collé, petite ,deux étiquettes sur le dos : « celle qui fait une faute par mot » ; et la deuxième – j’avais 8 ans, plaquée le long d’un mur, quand l’institutrice a dit à ma mère : « je pense que votre fille ne sera pas en mesure de balayer les couloirs d’un hôpital ».

Aujourd’hui, quand un enfant s’assied chez moi, je lui dis « regarde-moi bien dans les yeux. Moi, je ne vais pas te mentir. Parce que moi, on m’a menti toute ma vie. Cela m’a bousillé ma première partie de vie. J’ai perdu un premier mari à cause de ça. Parce qu’on se construit sur quelque chose de bancal. On n’est pas debout sur ses deux pieds« …Je suis marquée au fer rouge. Ça ne me quittera jamais. Parce que je pense qu’on est dysorthographique à vie.


Qui est Anne-Marie Gaignard ?

Anne-Marie Gaignard a fait partie, toute sa scolarité, de ces élèves stigmatisés par une mauvaise orthographe. Diagnostiquée dyslexique, ce n’est qu’à 36 ans qu’elle se rend compte que ce n’est pas son cerveau qui est en cause mais la façon dont elle a appris à lire et à écrire.
En 2010, elle a fondé l’association Plus Jamais Zéro pour venir en aide aux enfants en très grande difficulté scolaire.
Elle est l’auteur de : Hugo et les Rois volumes 1,2 et 3, Le Robert, 2003-2004 ; Grammaticus, Éditions Duteil, 2009-2010 Coaching orthographique, 9 défis pour écrire sans faute, Éditions de Boeck Duculot , 2010

Voir son intervention lors du colloque « Vaincre l’illettrisme, ça commence au CP »

La méthode semi-globale, une catastrophe !

6 avril 2012


« Je me rends compte que je ne suis pas toute seule dans cette galère.
Ma fille est en CP et, elle rentre avec des devoirs incompréhensibles, la maîtresse utilise une méthode semi globale, c’est une catastrophe, ça part dans tous les sens et il n’y a aucune progression logique, de plus ils font de la phonétique avec par exemple le son [y] qui signifie u (ou comment leur embrouiller le cerveau). Ils ne font quasiment pas d’écriture.

Ma fille était très douée et à l’aise avec la langue française, mais depuis elle s’est fermée sur elle-même, ne veut plus apprendre et dit que c’est trop difficile pour elle.
Je vois bien que d’autres élèves de la classe sont dans le même cas et que ça ne vient pas d’elle.

Suite à mes recherches de solutions pour l’aider, j’ai donc acheté « Léo et Léa » on s’y est mis tout doucement, quand la motivation était là (elle a perdu complètement confiance en elle) et les progrès se sont vite fait sentir.
J’en ai parlé à la maîtresse qui est sûre qu’ils arriveront tous à lire avec sa méthode et que c’est la meilleure.
Je suis extrêmement énervée contre notre éducation nationale qui encourage cela.
Quand je lis des témoignages de prof de Français de collège qui ont des élèves quasi analphabètes à cause de mauvaises méthodes de lecture je me demande pourquoi les enseignants de CP ne  sont pas au courant de çà, c’est inadmissible. On ferme les yeux ou quoi ?

Il est tout aussi inadmissible aussi que les parents doivent faire faire une « scolarité parallèle » à leurs enfants, autant les sortir du système et faire la classe à la maison (avant j’étais contre ça mais je ne savais pas que l’école pouvait gâcher, pourrir nos enfants à ce point….)

Je pense à tous ces petits bouts qui subissent ça sans broncher en pensant que c’est comme ça qu’on apprend à lire et que c’est eux qui sont bêtes.
Que pouvons nous faire, nous les parents pour que les enseignants admettent qu’ils font fausse route? »

Virginie

Découvrez notre sélection de méthodes syllabiques en cliquant ici

Communiqué : Quand l’Éducation nationale prendra-t-elle en compte les familles ?

4 avril 2012

L’affaire de Créteil révèle une nouvelle fois combien l’institution néglige le malaise des familles devant la gravité des faits.

Si l’enseignant soupçonné de pédophilie et poursuivi pour attouchements sur des enfants âgés de 4 à 5 ans a été démis de ses fonctions et remplacé immédiatement, il aura fallu attendre quinze jours pour que l’administration scolaire prenne en compte les familles des enfants victimes et les rencontre.

« Dans des cas aussi graves, on ne peut pas remettre son enfant à l’école le lendemain en faisant comme s’il ne s’était rien passé. Or ces parents et ces enfants, personne n’est venu les voir avant le 2 avril. Il a fallu attendre 15 jours et une campagne de presse pour que le ministre et le recteur se manifestent auprès des familles » souligne Olivia Millioz porte-parole de l’association.

Pour les membres de SOS Éducation, il est évident que des événements aussi graves réclament la mise en place d’une gestion de crise immédiate par le Ministre et les services du ministère.

L’institution scolaire n’est pas une institution comme les autres « Trop souvent, les parents sont tenus à l’écart de ce qu’il se passe à l’intérieur de l’école. Or ils lui confient tous les jours ce qu’ils ont de plus cher au monde : leurs enfants » rappelle Olivia Millioz.

Il est du devoir du ministère de l’éducation nationale de maintenir le lien de confiance qui a aujourd’hui tant de mal à exister entre l’institution et les familles.

Contact presse : Olivia Millioz – 01 45 81 22 67