Archive for novembre 2009

B.A.-Bat au cœur de la forteresse (3)

30 novembre 2009

B.A.-Bat se faufile dans les entrailles du ministère du Mammouth. Alors que l’animal endormi flotte dans une cuve, Super Pédago explique son plan au ministre : il capte les ondes intestino-psychique pour les diffuser partout, afin de répandre « L’Éducation nouvelle ». Mais c’est sans compter l’intervention de BA-Bat !

À lire aussi, les premier, second et quatrième volets de cette aventure.

Toute ressemblance avec Jean-Paul Brighelli serait purement fortuite.

« IUFM > sophistes ! »

26 novembre 2009

Ce n’est pas nous qui le disons, mais une professeur-stagiaire. D’après la photo, il doit s’agir de celui de Lyon.

IUFM de Lyon

IUFM de Lyon

C’est à lire ici.

Les droits de l’homme valent-ils aussi… pour les professeurs ???

24 novembre 2009

Cher collègue,

Vous avez sans doute lu dans le journal Le Monde du dimanche 22 novembre 2009 l’histoire atroce de notre collègue Claudine Lespagnol, professeur d’anglais au Lycée Jean-Lurçat dans le 13ème arrondissement de Paris.

Claudine a demandé à ses élèves d’arrêter de téléphoner et d’envoyer des SMS en classe. Elle n’a pas confisqué de téléphone puisque, comme vous le savez, c’est interdit.

Résultat immédiat, ses élèves ont signé – à la quasi-unanimité de la classe – une lettre au proviseur dans laquelle ils lui « conseillent vivement d’opérer un changement de prof ».

Certains élèves ont également écrit à Claudine pour lui demander d’arrêter immédiatement de leur faire des remarques au sujet de leur téléphone portable :

« Si ce n’est pas le cas et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc… »…

De plus, pour la « punir », ils lui ont volé la clé USB sur laquelle elle a ses cours.

Vous et moi devons réagir immédiatement.

Ces agressions ignobles envers notre collègue seraient normalement passibles de poursuites pénales, pour vol et injures, peut-être même pour menaces, si elle était un citoyen normal.

Mais seulement voilà : Claudine n’est qu’un simple professeur de l’Éducation nationale.

Dans son cas, les Droits de l’homme semblent ne pas s’appliquer !!

En effet, elle n’a reçu que très peu de soutien de la hiérarchie.

Elle aura dû attendre un mois pour qu’enfin l’inspecteur d’académie se déplace. Et encore : il s’est contenté pour le moment d’un simple rappel à l’ordre sous le faux prétexte que « les punitions collectives » sont interdites par le règlement!!!

Pourtant, c’est bien les uns après les autres que les élèves ont signé cette pétition et se sont engagés pour demander la tête de leur professeur…

Et ils vont peut-être obtenir gain de cause : de sources syndicales, il est question de remplacer Claudine par un autre professeur au nom de la « continuité du service public » !!!

Le proviseur, d’abord en arrêt maladie, lui aurait finalement apporté son soutien.

La seule solidarité qu’elle a reçue pour l’instant est celle de ses collègues, qui ont débrayé depuis jeudi 19 novembre.

JUSQU’À QUAND LES PROFESSEURS VONT-ILS CONTINUER À SE LAISSER MENACER ET HUMILIER ?

Ne sommes-nous que des moins que rien ?

Des citoyens sans aucun droit, et que des devoirs ?

N’y aura-t-il personne pour faire la moindre remarque à nos élèves, pour qu’ils arrêtent de nous cracher dessus, et parfois pire encore ?

C’est pourquoi je vous demande de signer la pétition au ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel, en solidarité avec notre collègue Claudine Lespagnol.

Ce qui se passe là est d’une gravité sans précédent. Notre collègue doit recevoir notre soutien, il y va de notre dignité.

Personnellement, si après avoir demandé à mes élèves d’arrêter de jouer avec leur portable en classe, je recevais de leur part un tissu d’insultes aussi violentes, et que la hiérarchie leur donnait raison, je me sentirais humilié, sali, déshonoré, jusqu’au plus profond de moi-même.

Heureusement, il semble que Claudine soit d’une force morale exceptionnelle, et qu’elle tienne le choc jusqu’à présent.

Mais ce n’est pas une raison pour la laisser toute seule. C’est pourquoi signer cette pétition de solidarité avec elle est si important. Et j’espère que vous la transmettrez immédiatement à tous les collègues !!

Les élèves le savent : circulaire après circulaire, toute la réglementation que le ministère de l’Éducation Nationale a savamment écrite jour après jour, est là pour défendre « l’enfant roi » contre la « tyrannie » de l’enseignant, pour que le professeur n’abuse pas de sa supériorité d’adulte …

Il faut bien reconnaître que nous-mêmes, nous ne savons parfois plus ce que nous avons le droit de faire. Chaque fois que l’on réprimande un élève, on se demande toujours si on en a bien le droit.

D’ailleurs, les élèves sont les premiers à vous le faire remarquer : « M’sieur, vous avez pas le droit de faire ça ». Ils vous expliquent ce qui est interdit. Avisez-vous de leur demander de se taire, certains osent vous rétorquer qu’on est en démocratie et que tout le monde a le droit de s’exprimer !

Et n’oubliez pas que de votre côté ce n’est pas la même chose. Si un élève vous menace, il faut qu’il vous menace deux fois avant que vous ne puissiez faire quelque chose. Les avertissements ? Depuis trois ans, il est interdit de les faire figurer sur le bulletin scolaire.

Ça rime à quoi ?

Aujourd’hui, on a ruiné l’autorité des professeurs parce que l’on a considéré que l’autorité c’est l’application d’une procédure.

Le résultat est tout simplement CATASTROPHIQUE, et ce sont les élèves eux-mêmes qui en sont les victimes également.

Car si nous ne pouvons plus faire cours, que vont-ils apprendre ? Comment peuvent-ils préparer leur avenir ???

Notre devoir d’éducateurs est de mettre fin à cette situation ubuesque. Mais pour l’heure, il y a vraiment le feu à la maison et je vous demande de signer la pétition.

Je vous tiendrai évidemment au courant des résultats et des suites que nous donnerons à cette action, avec tous les membres de l’association SOS Éducation.

Et surtout, faites passer à tous les COLLEGUES !!!

Un grand merci,

David Barbaud

Professeur certifié d’histoire-géographie

Gisors, le 24 novembre 2009

Signez la pétition !

Opération « zappe ton prof » dans un lycée parisien

21 novembre 2009

À lire, cet article de Maryline Baumard, pour Lemonde.fr : « Opération « zappe ton prof » dans un lycée parisien ».

À lire, sur le même sujet, l’article de H16.

Pétition en faveur du port de l’uniforme dans les établissements scolaires

21 novembre 2009

Au préalable, lire notre article : « L’uniforme, pour une bonne tenue ».

L’insécurité règne dans les établissements scolaires français. C’est un fait malheureusement constaté et qui concerne toutes les composantes de notre société. Il faut trouver des solutions concrètes qui puissent amoindrir les effets du racket et de l’intimidation dans nos écoles. Le port de l’uniforme nous paraît la solution la plus adaptée, la plus simple à mettre en œuvre et dont les effets positifs seraient immédiatement perceptibles par l’ensemble de nos concitoyens.

Il est inadmissible que des familles se sacrifient littéralement pour pouvoir acheter des vêtements de marque à leurs enfants. Les écoles sont trop souvent devenues des plateaux de mode qui favorisent l’exclusion et la discrimination pour ceux et celles qui ne peuvent s’y conformer.

Nous sommes dans une période de décadence où toutes les valeurs sont menacées. Pour que nos enfants soient plus performants en classe, il faut qu’ils aient la possibilité d’étudier en toute sécurité. Les différences sociales sont visibles par la tenue vestimentaire et provoquent des conflits. Un uniforme serait à la fois une idée progressiste et égalitaire qui permettrait de gommer ces différences.

Les principaux motifs d’adoption de l’uniforme scolaire :

  • les uniformes sont moins coûteux que les vêtements à la mode de marques reconnues
  • les uniformes aident les surveillants des établissements scolaires à repérer les intrus potentiels
  • l’uniforme scolaire est l’élément indispensable qui manque actuellement pour assurer l’égalité des chances et pour valider les fondements de la mixité sociale. C’est la base nécessaire pour appartenir à un groupe, être intégré, reconnu, considéré, respecté, défendre les valeurs communes, être solidaire et avoir des repères.

Signez la pétition

B.A.-Bat au cœur de la forteresse (2)

20 novembre 2009

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

À lire aussi, les premier, troisième et quatrième volets de cette aventure.

Toute ressemblance avec Jean-Paul Brighelli serait purement fortuite.

Marie-Thérèse Hermange, sénateur de Paris, demande à Luc Chatel de mettre fin à la cagnotte contre l’absentéisme

20 novembre 2009

Madame Marie-Thérèse Hermange attire l’attention de monsieur le Ministre de l’Éducation nationale sur l’effet désastreux, de surcroît en temps de crise, auprès de nos concitoyens, de l’expérimentation portée par l’académie de Créteil destinée à diminuer l’absentéisme.

Comme vous le savez, cette expérimentation prévoit de mettre à disposition des classes, sous conditions, des fonds permettant aux élèves de lycées professionnels de construire un projet collectif ambitieux, à savoir, une action sociale, un aménagement de classe, un achat de matériel informatique, sportif ou culturel, ou bien encore un voyage scolaire.

Certes, il ne s’agit pas de financer les dépenses des élèves pour des projets personnels. Certes, il n’est pas prévu de transmettre directement l’argent aux élèves.

Néanmoins, l’idée selon laquelle l’institution scolaire, qui met à disposition des moyens supplémentaires, attend en contrepartie une plus grande implication des élèves dans l’ensemble des activités scolaires, n’est pas acceptable. Ce n’est pas à l’institution scolaire de faire ses preuves. Qu’entendez-vous par une plus grande implication ? Car, pouvoir aller à l’école, apprendre, respecter ses professeurs, ses camarades, ne relèvent pas du mérite. Si l’école est obligatoire, elle est aussi une chance pour nos jeunes, au service de leur avenir. Transmettre des connaissances et des compétences, n’est-ce pas le plus beau cadeau que nous pouvons faire à un jeune ? N’est-ce pas le meilleur moyen de lui donner l’espoir de réussir sa vie ? Quant à la récompense du mérite, de l’effort, qu’il y a lieu de définir, ne doit-elle pas demeurer symbolique à l’instar des bons points, pour les petits, et de la remise de prix, pour les plus grands ?

L’expérimentation prévoit également un abondement desdits fonds pouvant aller jusqu’à 10 000 euros si le seuil de présence ou d’assiduité de la classe est respecté. Ce principe selon lequel une classe recevrait une récompense financière au vu de l’assiduité de ses élèves relève de l’indécence.

En outre, avec un tel dispositif, les lycéens disposeront de moins de temps pour l’acquisition des connaissances et des compétences, et davantage de temps pour des projets qui relèvent d’un autre cadre. La priorité, aujourd’hui, pour nos lycéens concernés, n’est pas celle de conduire un projet qui peut tout à fait être ambitieux en dehors du contexte scolaire, mais bien d’acquérir tant les savoirs fondamentaux, que les savoir-faire et les connaissances dans un domaine professionnel.

C’est pourquoi, elle propose de renoncer à ce dispositif, et suggère l’instauration de mesures aux fins de valorisation et de récompense du mérite ainsi que de l’effort dans l’acquisition des savoirs fondamentaux et des compétences professionnelles chez les élèves des lycées professionnels.

Le député du Val d’Oise Claude Bodin demande à Luc Chatel de mettre fin à la cagnotte contre l’absentéisme

19 novembre 2009

Question de Claude Bodin, député du Val d’Oise, au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, publiée au Journal officiel le mardi 10 novembre :

Le chèque-éducation : présentation et stratégie générale pour l’imposer

18 novembre 2009

Par Roman Bernard, pour SOS Éducation, le mardi 17 novembre 2009 à la « Réunion des blogueurs » (RDB)‏.

Les enseignants sont mal à l’aise

16 novembre 2009

Les enseignants ont de plus en plus de difficultés. Leur charge de travail est beaucoup plus lourde aujourd’hui et ceux qui ont plus de 20 ans de métier sont les plus formels.

C’est ce qu’analyse entre autres choses le rapport de 224 pages commandé par la Direction de l’évaluation du Ministère de l’Éducation nationale à une société externe et rendu public le 30 octobre dernier.

Certes, les termes du rapport sont choisis et les conclusions noyées au milieu d’un ensemble de tableaux croisés décomposant les résultats de l’enquête menée de septembre à octobre 2008 auprès de 1200 professeurs.

Mais le constat est enfin posé :
« Plus des trois-quarts des enseignants estiment que leur charge de travail s’est alourdie ces dernières années ».
Et ils n’en restent pas là. La cause est clairement mise en évidence :
« L’hétérogénéité des élèves est sans conteste la première explication à l’augmentation de la charge de travail des enseignants ».

Depuis 30 ans, en effet, on n’a eu de cesse d’abolir les classes de niveaux, de mettre les bons avec les mauvais et de dire aux enseignants : « débrouillez-vous ! ».

Résultat : on paye la note aujourd’hui. Les enseignants ne s’en sortent pas et l’on ne peut plus cacher que l’on a rendu au fur et à mesure leur métier impossible. 

Que fera le ministre face à ce constat sans appel ?

Les enseignants, de leur côté, auraient une solution en tête : « diminuer le nombre d’élèves par classe ». C’est la première proposition qu’ils émettent pour améliorer leur métier, selon ce sondage.

Pourtant, il n’est pas prouvé que la difficulté d’enseigner soit liée à la taille de la classe. Si tel était le cas, depuis le temps qu’on pratique les petits effectifs en ZEP ou dans des classes spécialisées, on aurait dû obtenir des résultats.

C’est que ce n’est pas une affaire de taille mais de niveau : faites des petites classes avec des élèves qui ont des niveaux radicalement différents et la situation reste toujours aussi ingérable pour le professeur.

Kevin Brookes, étudiant assurant des cours de soutien scolaire dans un collège de ZEP, le rappelait ici : les classes des établissements difficiles sont peu fournies en élèves, et pourtant, l’échec scolaire et la violence y sont monnaie courante. En revanche, certains établissements de centre-ville ont des classes chargées, mais d’un niveau homogène, et les professeurs peuvent se consacrer à leur mission de transmission des savoirs.

Revenons donc à des mesures réalistes et à une gestion de bon sens loin des théories développées et re-développées depuis plus de 30 ans.

Proposons au sein de chaque établissement que les classes soient organisées en fonction des niveaux des élèves – les bons avec les bons, ceux qui ont des difficultés avec ceux qui ont des difficultés – pour permettre au professeur de délivrer un enseignement approprié à chacun. On aboutirait à une organisation réaliste et non à un système, comme c’est le cas actuellement, où personne n’y trouve son compte.

7 enseignants sur 10 se sentent déjà personnellement concernés par le malaise enseignant. Pas la peine d’attendre d’en compter 10 sur 10 pour agir.