Archive for septembre 2009

Pétition: Oui aux autres solutions contre la violence à l’école!

25 septembre 2009

Violence à l'école: d'autres solutions existent!

Mercredi, une enseignante a été agressée à Gonesse (Val d’Oise). Cette violence s’ajoute à la longue liste de celles déjà enregistrées depuis le début de l’année 2009. Toutes les solutions doivent désormais être envisagées pour protéger les élèves et les enseignants.

Alors que le gouvernement a annoncé la mise en place d’un plan de sécurisation des établissements scolaires, les 80 000 membres de SOS Éducation appellent le ministre de l’Éducation nationale à mettre en œuvre des mesures de bon sens:

1. Faire respecter l’autorité des professeurs
Les enseignants doivent être rétablis dans leur mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes sociaux. Pour asseoir leur autorité, ils doivent disposer des moyens nécessaires ; le droit de donner des « zéros de conduite » et de décider du passage des élèves dans la classe supérieure, doit leur être rendu.

2. Former les professeurs à l’application de la discipline
Instaurer la discipline dans une classe relève de la pratique. Mais les grands principes doivent être enseignés aux futurs professeurs. L’importance décisive du premier contact avec les élèves, de la tenue du professeur, de son déplacement à travers sa classe, du regard adressé à chaque enfant pendant le cours, peut s’apprendre, de même que les principaux pièges à éviter : crier, chercher à attendrir les élèves ou « copiner » avec eux.

3. Réintroduire la fonction pleine et entière de surveillant général dans les écoles
Les professeurs ont besoin du soutien de leur hiérarchie en cas de problème grave avec un élève. La présence d’au moins un surveillant général dans chaque établissement est nécessaire. Sa mission exclusive serait de surveiller les élèves, contrôler les entrées et les sorties, prendre en charge les élèves punis et s’assurer que les sanctions sont effectuées.

4. Créer de vrais cours de civisme
L’enseignement moral et civique, tel qu’il a longtemps été pratiqué, est devenu encore plus nécessaire aujourd’hui du fait de la défaillance des familles. Ces cours doivent enseigner aux enfants, dès les petites classes, les règles de base de la vie en société : saluer et se tenir correctement, surveiller son langage, respecter ses engagements, arriver à l’heure, respecter les adultes.

5. Exclusion définitive à la troisième infraction grave au règlement intérieur
S’il est normal que les enfants aient le « droit à l’erreur », aucun élève ne doit pouvoir commettre trois infractions graves dans un établissement scolaire sans être renvoyé.

6. Supprimer la réintégration automatique après exclusion d’un établissement scolaire
L’élève exclu doit accomplir lui-même les démarches pour demander sa réadmission : lettre de motivation, sollicitation d’un entretien auprès des chefs d’établissement. Il faut éviter de lui donner l’impression, comme c’est le cas actuellement, que c’est à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que son « droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs.

7. Restaurer les internats spécialisés
Certains élèves posent de graves problèmes de discipline, au point de nuire au bon déroulement des cours et d’empêcher les autres élèves d’étudier. Ils doivent être scolarisés à part, si possible en internat, avec les moyens nécessaires pour les remettre sur les rails : encadrement, moyens disciplinaires, rythme de vie imposé. Alors leur réintégration dans le cursus normal pourra être envisagée.

8. Rétablir prix et récompenses pour les élèves méritants
Les enfants qui travaillent sérieusement à l’école doivent être valorisés et récompensés de toutes les manières possibles. L’usage des bons points, images, prix, récompenses et bourses peut contribuer efficacement à distinguer les élèves méritants.

Monsieur le ministre, nous comptons sur
votre sens de la responsabilité pour nous
entendre et agir en conséquence.

Rejoignez la liste des signataires de notre pétition en ligne et propagez-la! Toutes les signatures seront remises à Monsieur le ministre de l’Éducation nationale.

  pour signer cliquez ici

Premiers signataires :
■ Daniel Mach, député des Pyrénées-Orientales ;
■ Marc Bernier, député de la Mayenne ;
■ Véronique Besse, député de Vendée ;
■ Claude Bodin, député du Val d’Oise ;
■ Christian Ménard, député du Finistère ;
David Barbaud, professeur d’histoire-géographie ;
■ Nghia Nguyen, professeur agrégé d’histoire-géographie ;
■ Claude Boutron, membre du Conseil Supérieur de l’Éducation et du Conseil National de l’Enseignement Supérieur ;
■ Jean-Pierre Nicolas, député de l’Eure ;
■ Didier Quentin, député de Charente-Maritime ;
Véronique Bouzou, professeur de français dans des collèges de banlieues réputées difficiles ;
■ Jean-Pierre Schosteck, député des Hauts-de-Seine ;
■ Jean-Marc Lefranc, député du Calvados ;
■ Bernard Seillier, sénateur honoraire, président du Comité National de Lutte contre l’Exclusion ;
■ Jean-Louis Léonard, député de Charente-Maritime;
■ Christian Vanneste, député du Nord ;
■ Jean-Louis Léonard, député de Charente-Maritime ;
■ Lionel Tardy, député de Haute-Savoie ;
■ Patrick Beaudouin, député du Val de Marne ;
■ Richard Mallié, député des Bouches-du-Rhône ;
■ Françoise Massa, professeur de lettres classiques ;
■ Jean-Marc Roubaud, député du Gard ;
■ Louis Guédon, député de la Vendée ;
■ Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée des Hauts-de-Seine ;
■ Marie-Louise Fort, députée de l’Yonne ;
■ Michel Terrot, député du Rhône ;
■ Thierry Lazaro, député du Nord ;
■ Patrice Verchère, député du Rhône ;
■ Jean-Claude Mignon, député du Val de Marne ;
■ André Ferrand, sénateur des Français de l’étranger ;
■ Jean-François Chossy, député de la Loire ;
■ Pierre Frogier, député de Nouvelle-Calédonie ;
■ Maryse Joissains Masini, députée des Bouches-du-Rhône ;
■ Pierre Morel A l’Huissier, député de la Lozère.

Carte scolaire et violences

24 septembre 2009

Depuis le début de l’année scolaire, douze agressions, dont celle d’une professeur, ont eu lieu aux abords ou au sein du lycée René-Cassin, à Gonesse (Val-d’Oise). Choqués, les parents d’élèves demandent plus de sécurité.

Dans ces cas-là, le changement d’établissement peut constituer une solution. Il est en effet préférable d’envoyer ses enfants dans des établissements sûrs.

Seulement, la carte scolaire assignant chaque élève à l’établissement de son secteur empêche les parents d’envoyer leurs enfants dans les établissements de leur choix, même s’ils subissent des violences comme à Gonesse. Et ce même si la carte scolaire a été officiellement assouplie.

Il est certes possible de demander une dérogation. Selon le ministère de l’Éducation nationale toutefois, plus du quart des demandes de dérogation pour l’entrée en sixième et plus du tiers de celles pour la seconde ont été rejetées.

Cette dérogation doit d’ailleurs être motivée : la proximité d’un établissement d’un autre secteur, la présence de frères et sœurs dans l’établissement demandé, l’existence d’options (linguistiques notamment) rares, peuvent faire l’objet d’une dérogation. L’existence de violences scolaires, non.

Et pourtant, comme l’avait démontré une étude du sociologue Robert Ballion publiée en 1985, et toujours d’actualité (1), les motifs invoqués par les parents dans leurs demandes de dérogation sont des alibis : c’est moins l’apprentissage de telle langue rare qui motive leur demande que la volonté de mettre leurs enfants à l’abri de l’échec scolaire et des violences propres à leur établissement de secteur.

Nous nous étions penchés, en mai dernier, sur le cas de parents s’étant vu refuser une dérogation pour l’inscription de leur fille dans un établissement de leur choix : si l’existence d’une option était la première motivation, la volonté de fuir un établissement violent et de mauvais niveau en était la seconde.

Il semble que, dans les cas où les parents voudraient changer leurs élèves d’établissement à cause de la violence qui règne aux abords de celui de leur secteur, le libre choix devrait être permis. La logique maintenue de la carte scolaire l’empêche.

La question de sa suppression pure et simple, envisagée lors de la campagne présidentielle de 2007 par Nicolas Sarkozy, se pose donc avec acuité.

Pour protéger leurs enfants de la violence, les parents devraient pouvoir choisir l’école de leurs enfants.

Roman Bernard

(1) In Nemo, Philippe, Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ? (Grasset, 1991)

Super Pédago recrute

24 septembre 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Toute ressemblance avec Philippe Meirieu serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son blog.

« Bachelier ou remboursé » d’Acadomia : un symptôme de la crise de l’école

23 septembre 2009

Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, s’est dit choqué que la société de soutien scolaire Acadomia propose désormais une formule « satisfait ou remboursé » aux candidats au baccalauréat.

En chœur, pour une fois, avec le ministre, les syndicats d’enseignants ont également dénoncé cette offre d’Acadomia, y fustigeant avec emphase une « marchandisation » insidieuse de l’éducation.

Le leader français du soutien scolaire à domicile s’engage en effet à rembourser les 1770 euros de sa préparation au baccalauréat si l’élève ne l’obtient pas. À condition qu’il respecte ses engagements, comme celui, évidemment, de participer aux épreuves. Pour le reste, les conditions sont vagues…

Acadomia prend de toute façon peu de risques : le taux de réussite au baccalauréat est désormais de 86 %, ce qui fait 14 % de chances de devoir rembourser la formation, rentabilisée par les autres. Sur les 100 000 élèves ayant chaque année recours au soutien d’Acadomia, 20 000 sont candidats au baccalauréat.

Le « scandale », si scandale il y a, réside moins dans l’offre d’Acadomia que dans le fait que les entreprises de soutien scolaire fleurissent depuis une vingtaine d’années sans que l’Éducation nationale en ait tiré les leçons qui s’imposent.

Au nom d’une conception hyper-égalitariste de l’enseignement, des syndicats comme le SNES dénoncent le fait que les enfants bénéficiant du soutien scolaire d’Acadomia seront privilégiés par rapport aux autres, en raison du coût élevé de la formation. Mais ils ne se demandent pas pourquoi l’école publique, jusqu’aux années 1980, se suffisait à elle-même.

Pourquoi, depuis, les parents éprouvent-ils le besoin de compléter un enseignement qu’ils jugent déficients par du soutien scolaire ? S’il y a eu cette floraison d’officines comme Acadomia depuis une vingtaine d’années, c’est bien que l’enseignement qui est donné aux élèves depuis cette époque pose problème.

Les emplois du temps des élèves, entre les cours, les devoirs à la maison et les transports pour certains, sont suffisamment chargés comme cela. Ce n’est donc pas de gaieté de cœur que des parents payent à leurs enfants des cours assez onéreux.

Xavier Darcos, lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, était allé jusqu’à proposer une « Acadomia publique ». Pourquoi ne pas se pencher plutôt sur les carences du système éducatif ?

Roman Bernard

La journée de l’uniforme

21 septembre 2009

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

« Trois jours d’exclusion, c’est la sanction dont a écopé une lycéenne d’Etampes (Essonne) pour avoir malicieusement appelé ses camarades à braver le nouvel interdit scolaire. Car au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire, on bannit le short, la minijupe, bref le court, et même les jeans troués », apprenait-on jeudi dans Le Parisien. Le nouveau proviseur a tenu à frapper un grand coup pour son arrivée dans l’établissement : désormais, les surveillants filtrent l’entrée du lycée, au grand dam d’une cinquantaine d’entre eux, qui contreviennent au nouveau règlement. Pourquoi ce qui est admis à l’entrée des boîtes de nuit ne l’est-il pas à celle de l’école ?

C’en était trop pour une lycéenne, qui a créé un groupe Facebook pour protester contre cette mesure et organiser une « journée du short » dans l’enceinte du lycée, en référence au film La Journée de la jupe où Isabelle Adjani interprète une prof en banlieue. Résultat : trois jours d’exclusion, donc.

Pour sa « défense », la direction de l’établissement rappelle qu’il faut respecter le règlement intérieur. Sans le dire, elle a imposé un code vestimentaire. On peut même aller plus loin et instaurer le port de l’uniforme à l’école. « Beaucoup de jeunes de par le monde vont en classe en uniforme et n’en sont pas traumatisés », comme le rappelait Aldric Boulangé, délégué général adjoint de SOS Éducation, dans une interview pour Femina.

En effet, le proviseur du lycée d’Étampes a tenu, comme nous le préconisons, à la sancturarisation des établissements pour que certaines tendances de la société (comme le port de vêtements courts) n’y entrent pas. En imposant un code vestimentaire, ce lycée ne fait que suivre l’exemple d’autres lycées français, aux Antilles et en Guyane, qui exigent un uniforme ou une tenue correcte de leurs élèves.

Roman Bernard

Une note pour une bonne tenue

18 septembre 2009

Le zéro de conduite, qui autrefois pouvait « plomber » la moyenne d’un élève indiscipliné, fût-il brillant, a été aboli par le Bulletin officiel de l’Éducation nationale (BOEN) du 13 juillet 2000 : « Il convient […] de distinguer soigneusement les punitions relatives au comportement des élèves de l’évaluation de leur travail personnel. Ainsi n’est-il pas permis de baisser la note d’un devoir en raison du comportement d’un élève ou d’une absence injustifiée. Les lignes et les zéros doivent également être proscrits. »

Mais rien n’interdit à un professeur de donner aux élèves une note de sérieux qui ne soit pas un zéro. Même les élèves agités aiment recevoir de bonnes notes. Il leur suffit, dans ce cas, d’être sages comme des images pour avoir vingt sur vingt.

C’est le subterfuge qu’a trouvé Sébastien Clerc, auteur de Au secours ! Sauvons notre école, pour obtenir la discipline de ses élèves sans verser dans l’illégalité.

Il donne au début du trimestre un vingt d’office à chaque élève, qui compte coefficient deux dans la moyenne, soit le double d’un devoir surveillé. Les élèves attentifs finissent le trimestre avec une excellente note, les autres avec une moins bonne note, sans qu’elle soit pénalisante comme le zéro de conduite.

Évidemment, cela requiert du professeur d’expliciter au préalable les critères pouvant justifier d’enlever des points (le bavardage, pour commencer), ou d’en ajouter (comme la participation en cours, par exemple). Et de tenir scrupuleusement une grille des bons et mauvais comportements.

L’intérêt premier de cette note est d’obtenir le calme des élèves. Mais il est aussi de pondérer la moyenne de la matière par une note qui permet aux élèves en difficulté mais attentifs d’améliorer leur moyenne, et aux élèves ayant des facilités mais étant peu motivés d’être incités à ne pas s’endormir sur leurs lauriers.

Pour ou contre l’uniforme à l’école

16 septembre 2009

Retrouvez l’interview d’Aldric Boulangé, délégué général adjoint de SOS Éducation, dans le magazine Femina du 14 septembre dernier à propos du port de l’uniforme à l’école.

Lisez l’article complet.

Éducation et instruction

15 septembre 2009

Le texte qui suit est extrait d’un courrier que nous a envoyé M. Dominique Burrus, membre de SOS Éducation :

À l’origine, Jules Ferry avait bien compris que les deux termes « éducation » et « instruction » n’étaient pas opposés, mais qu’ils étaient complémentaires.

L’éducation s’adresse aux parents des enfants car elle concerne en priorité la vie familiale, puis ensuite la vie sociale dans la communauté des individus.

L’instruction s’adresse à la future vie professionnelle des enfants. Elle concerne donc les spécialistes de cette formation des enfants, c’est-à-dire leurs professeurs. Cette instruction n’est pas un métier facile à exercer car les jeunes enfants ont tous des comportements différents.

Il convient alors de ne pas mélanger ces deux termes et c’est la raison pour laquelle Jules Ferry avait appelé ce métier « l’Instruction publique », et il rendait cette instruction obligatoire afin de respecter l’égalité des chances pour tous les citoyens.

Ce n’est qu’en 1932, soit un demi-siècle après les lois de Jules Ferry, que le système éducatif français a été rebaptisé « Éducation nationale ».

M. François de Closets, l’orthographe est-elle vraiment si compliquée ?

14 septembre 2009

À lire, la chronique d’Isabelle Hannart, secrétaire générale de SOS Éducation : « M. François de Closets, l’orthographe est-elle vraiment si compliquée ? ».

Le mauvais bilan de la semaine de quatre jours

14 septembre 2009

À lire, sur le site de SOS Éducation : « Le mauvais bilan de la semaine de quatre jours ».