Archive for août 2009

Homère et Shakespeare en banlieue

31 août 2009

À lire, sur le site du Journal du Dimanche, la recension du livre d’Augustin Humières, professeur de grec depuis 1995 dans un lycée difficile de l’académie de Créteil, Homère et Shakespeare en banlieue.

Publicités

Règlement intérieur : vers une nécessaire simplification

31 août 2009

Le 3 juillet 2008, à la questure de l’Assemblée nationale, l’association SOS Education remettait son prix de l’Excellence éducative à un principal méritant, qui avait spectaculairement redressé le collège Paul-Eluard de Châtillon. Lorsqu’il en avait pris la direction, en 2006, cet établissement considéré par euphémisme comme « difficile » connaissait de sérieux problèmes de discipline – sans parler d’une très sensible baisse du niveau scolaire. De nombreux parents déposaient des demandes de dérogation à la carte scolaire pour éviter que leurs enfants n’y soient scolarisés. Pourtant, à la fin de l’année scolaire, la situation était retournée, la discipline restaurée et le niveau redressé. Par quel coup de baguette magique ? « Les professeurs avaient besoin de se sentir écoutés et soutenus en face des élèves, expliquait à SOS Education le chef d’établissement. Je me suis appliqué à créer avec eux un travail d’équipe dynamique, à fédérer les projets, à décider et à trancher, mais toujours en toute clarté. Je me suis également employé à établir un règlement intérieur très clair, qui définissait les droits et les devoirs de chacun dans le collège. »

On ne peut établir une discipline que si les élèves connaissent la « règle du jeu » et les principes fondamentaux sur lesquels elle repose. C’est cette règle du jeu et qui est exposée dans le règlement intérieur de l’établissement.
Dans son principe, le règlement intérieur est quasiment aussi vieux que l’école. En 1684, saint Jean-Baptiste de la Salle crée la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes, introduisant une innovation considérable : la classe. Jusqu’alors, les leçons étaient données individuellement à chaque élève. Les Frères inventent l’enseignement simultané, qui s’adresse à des groupes d’élèves répartis par classe, selon leur niveau de connaissances et leur âge. Cela suppose une organisation, un ordre, une discipline acceptés par tous. Le règlement d’école est précisé (comme d’ailleurs le règlement intérieur de la communauté des Frères elle-même) lors d’une assemblée générale qui se tient à Reims en 1686. Il organise les prières, les cours et les récréations et ses principes s’appuient sur l’expérience vécue des maîtres.

Cet enseignement est concurrencé à partir de 1815 par une nouvelle méthode venue de Grande-Bretagne, l’école mutuelle, favorisée par les milieux anticléricaux pour remédier à la pénurie de Maîtres et faire pièce au développement des congrégations religieuses. Un seul maître dirige plusieurs centaines d’élèves, avec l’assistance des élèves eux-mêmes en fonction de leur niveau de connaissance : moniteurs généraux, moniteurs intermédiaires, etc., jusqu’aux moniteurs débutants. Chaque élève apprend à son propre niveau et enseigne à ses condisciples du niveau inférieur au sien. Le règlement, très minutieux, régit l’organisation de cet enseignement dans ses moindres détails.

Ces écoles mutuelles disparaissent après 1833, lorsque Guizot crée les écoles normales : on en revient alors à la méthode de l’enseignement simultané.

Rien ne change vraiment jusqu’aux événements de mai 1968, qui ébranlent l’édifice administratif traditionnel. Dès lors, le règlement intérieur devient la colonne vertébrale de chaque établissement scolaire, ce qui conduit l’Education nationale à s’y intéresser de plus en plus souvent, multipliant les consignes et les précisions.

Ainsi la circulaire n° 2000-106 souhaite-t-elle que le règlement intérieur définisse « les règles de fonctionnement ainsi que les droits et les obligations de chacun de ses membres » et précise-t-elle qu’il « ne peut en aucune façon se réduire, comme c’est parfois le cas, à un énoncé de dispositions relatives aux obligations des seuls élèves et au régime des punitions et des sanctions les concernant. » Il doit indiquer aussi « les modalités d’exercice de leurs droits, dans le cadre scolaire ».

Le même texte précise que la réglementation des droits et des obligations des élèves peut « faire l’objet de recours devant les tribunaux administratifs ». Conséquence : on judiciarise l’Ecole. « Cette dimension juridique et normative du règlement intérieur implique que chaque adulte doit pouvoir s’appuyer sur lui pour légitimer son autorité, en privilégiant la responsabilité et l’engagement de chacun. »

Cette judiciarisation conduit à expliciter non seulement les principes du règlement intérieur, mais aussi « son contenu et notamment les éléments essentiels et indispensables qu’il doit contenir, ainsi que les modalités selon lesquelles un tel règlement est adopté, élaboré, modifié. »

Selon cette circulaire, le règlement intérieur devrait donc exposer :

  • les principes qui régissent le service public d’éducation ;
  • les règles de vie dans l’établissement, concernant son organisation et son fonctionnement;
  • l’exercice des droits et des obligations des élèves, et les modalités d’exercice de ces droits;
  • la discipline, les sanctions et punitions ;
  • les « mesures positives d’encouragement » : actions dans lesquelles les élèves ont pu faire preuve de civisme, d’implication dans le domaine de la citoyenneté, d’esprit de solidarité, etc. ;
  • les relations entre l’établissement et les familles ;
  • les situations particulières (élèves majeurs, conduite à tenir en cas d’incidents aux entrées et aux sorties, internat, stages…) ;
  • Chacune de ces rubriques comporte une quantité impressionnante de sous-rubriques. L’ensemble transforme le règlement intérieur en un fourre-tout indigeste et quasiment illisible par les élèves, voire par les parents.

Le problème qui se pose concernant le règlement intérieur tient, comme l’explique sans s’en émouvoir Philippe Meirieu dans son Petit dictionnaire pédagogique, à sa double nature de document ayant une valeur juridique et d’outil pédagogique ; d’où une double fonction : dans le premier cas, il relève de la loi, et dans le second des règles.

Puisque la complexité du règlement intérieur tient à la judiciarisation, sa nécessaire simplification passe par la fin de ladite judiciarisation, qui a par ailleurs les conséquences les plus néfastes sur l’éducation et l’enseignement, puisqu’elle aboutit à opposer les droits des élèves à l’autorité des professeurs et des responsables éducatifs, en plaçant les premiers et les seconds dans une situation de pseudo-égalité juridique. Cette dangereuse évolution se ressent en particulier lorsqu’on aborde le chapitre des sanctions, peut-être le plus important du règlement intérieur.

« On en est arrivé à un tel point qu’aujourd’hui les élèves traduits devant le conseil de discipline se font de plus en plus souvent assister d’un avocat ! », témoigne Véronique Bouzou, Professeur de français et auteur de Ces profs qu’on assassine (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2009). « Alors qu’il faut avoir commis un acte grave, ou avoir reçu plusieurs d’avertissement sérieux, pour être traduit devant le conseil de discipline, les élèves se considèrent comme des victimes et ne sont plus sensibles aux sanctions. Les sanctions intermédiaires, comme une exclusion de deux ou trois jours, sont plutôt considérées comme une chance que comme une punition. Et même si le conseil de discipline exclut le fautif de l’établissement, il sait qu’il le quittera pour un autre collège, selon le principe des vases communiquants. Face à la judiciarisation de l’école, je conseille aux professeurs de porter plainte à la moindre menace, non seulement pour se protéger, mais parce qu’il est important que les élèves prennent conscience de la gravité de leurs actes. Voyez le film Entre les murs : l’élève coupable d’avoir blessé sa condisciple en plein cours ne craint pas tant d’êtres exclus du lycée, ce qui lui importe peu, que d’être renvoyé au Mali par ses parents. »

Pour corriger cette dérive, il est donc indispensable de simplifier la nature même du règlement intérieur, en lui retirant toute valeur juridique pour ne lui laisser que sa fonction proprement réglementaire.

Le chef d’établissement serait seul responsable de son contenu et de son application, sans devoir se conformer à des consignes venues du ministère ou à des circulaires. On parviendrait par ce biais à établir enfin des règlements intérieurs clairs et relativement courts, allant à l’essentiel et qui pourraient être aisément insérés dans le cahier de correspondance, avec de fortes chances d’être vraiment lus par les élèves et leurs parents, ce qui ne paraît pas être le cas actuellement comme le montre par exemple la synthèse d’une réunion organisée par l’Inspection académique du Cher, qui constate à propos du règlement intérieur : « Le règlement est quelquefois long et n’est pas lu attentivement. » * Et pour cause ! Il n’est pas rare que ces documents comptent 10 pages.
Nous ne sommes pas les seuls, ni les premiers, à en arriver à cette conclusion. Conscient du problème, le sénateur Christian Demuynck, maire de Neuilly-Plaisance, préconisait en 2004, dans un rapport adressé à Jean-Pierre Raffarin et intitulé « La rue dans l’Ecole ? Connaître, prévenir et maîtriser l’intrusion de la violence dans les établissements scolaires », de « clarifier les règlements intérieurs ».

« Parmi les mesures les plus souvent prises pour lutter contre les violences scolaires, on retrouve toujours la gestion du règlement intérieur, écrivait-il. Base de l’organisation sociale à l’intérieur des établissements, il en constitue une des pierres angulaires. Or, on nous a souvent signalé la nécessité de simplifier des règlements trop techniques et trop complexes, ne permettant pas de définir une échelle des sanctions claires pour les élèves. Ils deviennent donc trop difficiles à expliquer et par voie de conséquence à appliquer. Comment les élèves pourraient-ils respecter des règles qu’ils ne comprennent pas ?

Comment gérer ce problème ? Une solution a été trouvée par une équipe enseignante et un chef d’établissement : il s’agit de rendre le règlement intérieur de l’établissement abordable en simplifiant et clarifiant les règles.

Elle constituera une version simplifiée du règlement intérieur et permettra d’un simple de coup d’oeil de percevoir le type de sanction qui s’appliquera selon le type d’acte commis.

Dans tous les cas rencontrés, la réussite de l’équipe pédagogique passe par un comportement clair. »
Clarifier et simplifier, c’est tout un. Mais on ne parviendra pas à cette clarification tant que le règlement intérieur gardera sa nature juridique.
A quoi un règlement intérieur simplifié et clarifié pourrait-il ressembler ? Partant de celui du lycée Saint-Louis de Gonzague à Paris, qui tient sur deux pages, nous avons imaginé d’en dresser un modèle :

Règlement intérieur du lycée

Les élèves sont tenus de respecter certaines règles inhérentes à toute vie en communauté :

1. statut des élèves :

Présence obligatoire de la première heure de cours à la dernière, concernant :

  • la demi-journée pour les externes
  • la journée pour les demi-pensionnaires
  • la semaine pour les internes (voir règlement internat)

En fonction de l’emploi du temps officiel de la classe (voir carnet de liaison).

En cas d’absence de Professeur ou de suppression de cours par l’Administration, les entrées seront retardées et les sorties avancées, sauf avis contraire écrit des familles.

2. Utilisation du carnet de liaison

C’est un outil de communication officiel entre famille/élève, enseignants et Administration. Il sera remis en début d’année scolaire à l’élève, qui devra constamment l’avoir en sa possession.

Il doit également permettre aux parents de motiver :

  • les absences, signalées dans les plus brefs délais par téléphone (01 23 45 67 89)
  • les retards, à éviter sous peine de se voir interdire l’accès en classe
  • les demandes d’autorisation de sortie exceptionnelle (obligatoirement signées par les parents)
  • les dispenses d’EPS (Attention ! Celles-ci ne donnent pas l’autorisation de quitter le lycée, le professeur se réservant le droit de garder l’élève en cours, sans participation active)

Par son intermédiaire, les élèves régulariseront leur absence ou retard, au bureau de la Vie Scolaire, avant de reprendre les cours, faute de quoi ils ne pourront être admis en classe.

Quel que soit le motif invoqué, les sorties anticipées par rapport aux dates de vacances officielles ne sont pas autorisées.

3. Périodes hors classe

Les entrées et sorties des élèves s’effectueront uniquement par le portail du lycée, uniquement aux horaires d’ouverture de ce dernier.

En dehors des heures de cours, les élèves gèrent leur temps libre à leur convenance dans l’enceinte du lycée. Ils peuvent sortir dans la cour, se rendre au foyer, au CDI, éventuellement travailler dans une salle avec autorisation de la Vie scolaire.

Entre 12h et 13 h, seul l’accès au foyer reste possible dans le bâtiment. Toutefois, les élèves qui le désirent pourront rejoindre la salle d’étude ou le CDI, lieux strictement réservés au travail.

En aucun cas les élèves ne doivent se rendre en salle des professeurs.

4. Repas

Les élèves du lycée se présenteront au Self, munis de leur carte-restaurant ; en cas d’oubli ou de perte, ils passeront en fin de service, leur passage devant être géré différemment. De toute évidence, doubler ou provoquer des bousculades dans la file d’attente ne peut être toléré.

Les externes désirant participer à un repas retireront au préalable un ticket de cantine à la Réception (entre 7 h 45 et 11 h 55), qu’ils remettront au surveillant en entrant au réfectoire ; ils seront alors considérés comme demi-pensionnaires pour la journée concernée.

5. Attitudes et comportements

Les élèves sont responsables de la propreté des lieux qu’ils fréquentent et du matériel qu’ils utilisent.

Ils n’apportent à l’Institution que les affaires strictement indispensables au travail scolaire (l’établissement décline toute responsabilité en cas de perte, vol ou détérioration).

L’usage des téléphones portables, i-pod, lecteurs MP3, etc., est proscrit dans l’ensemble des bâtiments et des circulations de l’établissement ainsi que sur les terrains de sport.

Une tenue correcte est de rigueur dans l’établissement. Elle exclut :

  • les provocations, agressions verbales et les débordements affectifs ;
  • les tenues vestimentaires négligées, les piercings, les boucles d’oreille chez les garçons.

L’usage du tabac est interdit dans l’enceinte de l’établissement.

6. Devoirs surveillés

Un programme concernant les dates des différents devoirs sera affiché au début de chaque trimestre.

Afin que les épreuves se déroulent dans les meilleures conditions :

  • les élèves doivent avoir en leur possession tout le matériel nécessaire au travail
  • le silence absolu est requis dès l’entrée dans la salle
  • ceux qui, malgré les recommandations, terminent en avance (15 minutes par heure) rendent leur copie et quittent la salle sans déranger les autres.

Attention ! toute tentative de fraude fera l’objet d’un rapport sur la copie de l’élève et sera enregistrée sur un document spécifique mis à la disposition de l’équipe enseignante. Le professeur concerné prendra toute disposition qu’il jugera nécessaire.

7. Sanctions

Celles-ci s’échelonnent du mot sur le carnet de liaison à l’exclusion définitive prononcée par le Conseil de discipline. Cette décision n’est pas susceptible d’appel.

Elles se répartissent sur deux domaines distincts : « Enseignants » et « Vie scolaire ».

Les cas d’indiscipline et de manque de travail sont inscrits dans le carnet de liaison que les parents viseront systématiquement. L’inscription de 4 observations entraîne un Avertissement Ecrit. Un second Avertissement Ecrit provoque une exclusion temporaire.

Les problèmes d’ordre administratif : oublis à répétition de carte-self, de carnet de liaison, de justificatif d’absence ou de retard, se traduiront par des retenues le mercredi après-midi ou le samedi matin. La perte de carte-self ou de carnet de liaison (remplacé aux frais de l’élève) entraîne une observation écrite ou une retenue en cas de récidive.

Tout élève reconnu coupable d’un acte délictueux (vol, agression caractérisée, possession ou trafic de stupéfiants, etc.) sera immédiatement traduit devant le Conseil de discipline et les autorités publiques seront informées.

A l’issue du conseil de classe, des récompenses seront attribuées sous forme d’encouragements, de félicitations ou d’inscription au Tableau d’Honneur. Elles peuvent également être retirées aux élèves qui manqueraient à leurs devoirs.
L’inscription d’un élève au lycée vaut, pour lui-même comme pour sa famille, adhésion aux dispositions du Règlement Intérieur et engagement de s’y conformer pleinement.

Signatures précédées de la mention « lu et accepté » :

Les parents :

L’élève :

On notera que, volontairement, aucune allusion n’est faite dans ce règlement intérieur aux actes interdits par la loi sur tout le territoire national (drogue, injures, agressions…). Car cela doit aller sans dire, et l’écrire en toute lettre ne ferait que contribuer à l’affaiblissement de l’impératif de la loi.

* Formulaire de restitution d’une synthèse, Inspection Académique du Cher, Fiche N° 15 – Comment lutter efficacement contre la violence et les incivilités ?

Du passé Super Pédago fait table rase

28 août 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Toute ressemblance avec Philippe Meirieu serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son blog.

Exiger des élèves exclus des efforts en vue de leur réintégration

27 août 2009

Le conseil de discipline vient de rendre son verdict contre un élève de l’établissement : c’est l’exclusion définitive.

Aujourd’hui, qu’est ce que cette décision signifie concrètement pour l’élève ? Vous pensez sans doute qu’il va être envahi d’une grande solitude et se retrouver face à un problème grave à résoudre ? Vous n’y êtes pas, car l’article D511-43 du Code de l’éducation a prévu que « lorsqu’une sanction d’exclusion définitive est prononcée par le conseil de discipline à l’encontre d’un élève soumis à l’obligation scolaire, le recteur ou l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, selon le cas, en est immédiatement informé et pourvoit aussitôt à son inscription dans un autre établissement ou centre public d’enseignement pas correspondance. » [c’est nous qui soulignons]

Si les mots ont encore un sens, cela signifie que l’élève le plus perturbateur ou le plus violent a à son service des hauts fonctionnaires qui doivent lui trouver un autre établissement, occasion pour l’élève d’expérimenter une nouvelle fois ses talents auprès d’une nouvelle communauté éducative qui n’aura plus qu’à subir.

Nous pensons que cela n’est pas une bonne chose car ce genre de mesure ne risque en aucune manière de responsabiliser l’élève fautif.

Il faut en effet éviter de lui donner l’impression qu’il revient à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que son « droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs et ses camarades.

C’est pourquoi nous préconisons qu’un élève exclu définitivement de son établissement scolaire accomplisse lui-même les démarches nécessaires (lettre de motivation, sollicitation d’un entretien) auprès des directeurs d’établissements pour demander sa réintégration.

Le processus de réintégration pourrait suivre les étapes suivantes :

  • Sollicitation d’un entretien par écrit (on pourrait concevoir que dans le cas d’une exclusion temporaire, l’élève, après avoir présenté ses excuses, sollicite par écrit sa réintégration auprès de son directeur actuel).
  • Après un entretien obligatoirement et rapidement accordé, le chef d’établissement serait libre de sa décision. Il devrait la signifier néanmoins par écrit.
  • En cas de refus multiples, l’élève devrait alors solliciter l’intervention de l’inspecteur d’académie qui après avoir pris connaissance du sérieux des démarches accomplies déciderait alors de le réintégrer dans un nouvel établissement scolaire.

Dans le cas où l’élève ne prendrait pas la peine de faire les démarches nécessaires pour s’inscrire dans un nouvel établissement dans le délai d’un mois, son renvoi serait alors définitif pour l’année scolaire en cours.

Il serait donc hautement souhaitable que le ministère de l’Éducation nationale ait le courage d’abroger ou de considérablement modifier : l’article D511-43 du Code de l’éducation ainsi que la circulaire n°98-194 du 2 octobre 1998 (notamment en sa partie III.1 : « Toute exclusion définitive d’un établissement, qui ne peut être décidée par le chef d’établissement qu’après tenue d’un conseil de discipline, entraîne la nécessité pour l’autorité académique, en liaison avec le collège ou le lycée concerné, de trouver une solution permettant la poursuite d’une formation » ) et tout autre texte allant dans le même sens.

Lorsque la convention relative aux droits de l’enfant précise que « l’éducation doit viser notamment à inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales […] le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles ainsi que le respect des valeurs nationales du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne […] le respect du milieu naturel » (Art. 29 CRDE), cela suppose nécessairement de la part de l’élève, des obligations de travail, d’assiduité, de respect des personnes et des biens. C’est-à-dire de s’impliquer personnellement et positivement dans sa formation, même s’il n’y a pas une obligation de résultats scolaires. Il a donc lui aussi des devoirs.

La mesure de bon sens que nous préconisons ne remet donc pas en cause le principe de l’obligation scolaire et le droit à l’éducation bien compris.

Loi du juge à l’école : une source de confusions graves

27 août 2009

La volonté de protéger les élèves de l’arbitraire des professeurs a conduit à une juridicisation des sanctions scolaires :  « La loi, y compris celle de l’école, est devenue celle du juge », témoigne l’inspecteur général de l’Éducation nationale Bernard Toulemonde dans son rapport, « Le Système éducatif en France » (2003).

«  Les textes qui concernent les sanctions disciplinaires s’inspirent désormais du modèle du droit pénal », continue-t-il. En apparence, les « droits des élèves » sont donc de mieux en mieux protégés.

Ainsi, la circulaire du 6 juin 1991 prévoit que, face à un grave problème d’indiscipline, un directeur d’école primaire ne peut que proposer à l’inspecteur de changer l’élève d’établissement. De plus, ce transfert, s’il a lieu, ne peut être effectué qu’après un mois d’observation.

La circulaire ministérielle du 11 juillet 2000 crée la possibilité d’assortir les sanctions de sursis, tout en précisant que « la récidive n’annule pas le sursis » (notons en passant que cela fait perdre tout sens à la notion de sursis, mais ce n’est pas notre propos).

Depuis cette même circulaire, l’exclusion définitive peut également faire l’objet d’un recours administratif, ce qui oblige alors l’établissement à réintégrer l’élève jusqu’à la décision définitive.

Enfin, l’article D.511-32 du Code de l’éducation prévoit que l’élève convoqué en conseil de discipline puisse désormais être défendu par un avocat.

A priori, on ne peut que se féliciter que le droit prenne ainsi une place aussi importante à l’école. Certains, comme le pédagogiste Philippe Meirieu et les dirigeants de la fédération de parents d’élèves FCPE, croient même pouvoir se réjouir que les élèves apprennent ainsi dès l’école le fonctionnement de la démocratie, où tous les droits et devoirs des citoyens sont codifiés par une loi générale, abstraite, et qui s’applique à tous.

En réalité, cette juridicisation des rapports entre maîtres et élèves provient d’une assimilation erronée entre l’école et la démocratie, qui crée des montagnes de difficultés pratiques, en privant les professeurs d’une marge de manœuvre vitale pour exercer leur métier.

Les pédagogistes voudraient, comme l’a souvent exprimé Jack Lang, que l’école soit une « maison commune », une reproduction miniature de la société démocratique, où les élèves apprendraient à « vivre ensemble » en « apprenant les règles ».

En réalité, la société démocratique se caractérise par le fait que tous les citoyens sont libres de poursuivre leurs propres fins pratiques. Simplement, ils doivent respecter des règles du jeu (le droit). Ces règles consistent, dans l’idéal, à déterminer pour chacun la zone de liberté juste assez large pour ne pas empiéter sur celle des autres.

L’Éducation nationale n’a rien à voir avec une société démocratique. C’est une organisation qui dispose de ressources déterminées pour atteindre un objectif concret : éduquer les enfants (nous n’entrerons pas ici dans le débat, assez stérile selon nous, entre éducation, enseignement, et instruction).

Cette organisation est plus complexe que la plupart des administrations et des entreprises, car la tâche d’éduquer est multiple et protéiforme (change tout le temps, avec les circonstances). De plus, elle est rendue encore plus compliquée par le fait que, contrairement aux sociétés de formation des adultes (CEGOS, Démos, etc.), elle a affaire à des enfants qui, par définition, sont juridiquement irresponsables. Ils ne peuvent juger de la qualité de l’éducation qu’il reçoivent, la contester et décider de changer de professeur.

Les enfants qui arrivent à l’école ne doivent donc pas être trompés par de beaux discours sur « leurs droits » et sur les « devoirs des professeurs » envers eux.

Le professeur n’est pas dans la situation d’un citoyen lambda qui déciderait tout à coup d’éduquer trente autres citoyens ayant les mêmes droits que lui, et qui n’aurait comme ressources que celles de la séduction et de la persuasion pour essayer de les convaincre de l’écouter.

Le maître occupe une position à cheval entre celle du patron s’adressant à ses salariés et celui de parent s’adressant à ses enfants.

Patron et non parent parce qu’il est là pour atteindre un objectif concret précis, celui d’apprendre aux enfants des notions précises, qui sont d’abord d’ordre factuel (les programmes) mais aussi d’ordre moral (comportement personnel et rapports avec les autres).

Parent et non patron car le patron est lié à ses salariés par un contrat qui définit des obligations réciproques, que chacune des parties peut dénoncer, alors que les parents ont une autorité sur leurs enfants à laquelle les deux parties ne peuvent pas librement renoncer.

Cette autorité est d’autant plus nécessaire et légitime que le professeur se trouve face à trente enfants. S’il avait les mêmes droits que chacun de ses élèves, le rapport serait totalement inégal.

D’une certaine façon, le professeur serait presque un « patron paternaliste ». Car il doit nécessairement empiéter sur la vie intérieure et la liberté de ses élèves, pour leur bien.

Cette conception du maître a été attaquée par les « militants des droits de l’enfant », qui ont prétendu que les élèves n’étaient pas protégés contre les abus des professeurs (coups, humiliations, voire agressions sexuelles).

En réalité, ces abus relèvent évidemment du droit pénal général, et l’école n’étant pas une zone de non-droit, il est évident que les crimes et délits ne doivent pas rester impunis sous prétexte qu’ils se sont produits dans son enceinte. On remarquera en passant que ce sont les mêmes qui s’insurgent contre les incursions de la police dans les écoles pour démanteler des réseaux de trafiquants de drogue. Leur critique n’est donc pas seulement infondée. Elle est aussi contradictoire avec leurs autres prises de position. Cela révèle leur objectif réel, qui est de dresser les « jeunes » contre les adultes.

Le professeur doit donc bénéficier d’une autorité sur ses élèves, qui rend la relation asymétrique.

Cette autorité comporte en particulier la capacité de donner des sanctions arbitraires.

Cela semble provocateur mais c’est pourtant capital.

En effet, le courant légaliste voudrait que, comme dans le droit pénal, il soit instauré un tarif précis entre chaque infraction au règlement intérieur, et les sanctions correspondantes.

Un stylo qui tombe : une croix dans le carnet de correspondance. Un bavardage, douze lignes à recopier. Une insulte à un professeur, trois jours d’exclusion. Etc.

Une telle tarification n’a strictement aucun sens dans le cadre d’une relation éducative saine.

En effet, le maître n’est pas un simple agent de police et ses sanctions n’ont pas simplement pour but de dissuader les contrevenants potentiels.

Le maître est préoccupé d’aider chacun de ses élèves à donner le meilleur de lui-même.

Il doit donc formuler constamment des jugements de valeurs purement subjectifs sur chaque enfant. Il serait horriblement injuste de sanctionner tous les élèves selon la même grille, alors que tous les éducateurs savent que le moment de l’année, le déroulement du cours, la participation des élèves, l’ambiance générale donnent à chaque événement une portée totalement différente.

Dans un autre article, nous avons insisté sur l’intérêt, pour éviter d’avoir à punir pendant l’année, que le professeur manifeste une sévérité disproportionnée pendant le premier quart d’heure, le jour de la rentrée.

Imagine-t-on l’effet ridicule que cela aurait de prétendre codifier cette pratique, et d’écrire dans le règlement intérieur que « tout élève qui prend la parole sans avoir levé le doigt recevra telle punition, sauf pendant le premier quart d’heure de l’année au cours duquel le professeur sera autorisé à punir de façon disproportionnée ? »

Super Pédago face à l’illettrisme

26 août 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Toute ressemblance avec Philippe Meirieu serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son blog.

Quel rôle pour les surveillants ?

24 août 2009

Dans le Petit Nicolas, le Bouillon n’a quasiment jamais besoin de punir. Il lui suffit généralement de dire à un élève agité : « Regardez-moi bien dans les yeux »… Qu’adviendrait-il de lui aujourd’hui dans une école de Seine-Saint-Denis ?

La mission des surveillants a été progressivement vidée de son contenu, et il serait urgent que de vrais professionnels de la discipline interviennent dans nos écoles pour rétablir le bon ordre des couloirs et des cours de récréation, le silence des salles d’étude et de permanence, et contrôler les absences et retards des élèves.

Le corps des surveillants, créé sous Guizot dès les origines de l’école publique, a été rebaptisé corps des « maîtres d’internat et surveillants d’externat » en 1937.

Mais dès 1965, on commence à exiger d’eux qu’ils cessent de s’occuper exclusivement de surveiller les élèves et de maintenir le bon ordre dans les écoles, pour se consacrer à des « missions socio-éducatives » (jamais définies précisément).

Malgré les échecs, qui aggravent la pagaille autour de mai 68, cette réforme est prolongée en 1970 avec la création des conseillers d’éducation (CE) et conseillers principaux d’éducation (CPE).

La confusion devient alors totale. Les attributions des surveillants, qui avaient été définies de manière si claire à l’origine, et qui répondaient à un besoin si naturel dès lors qu’on réunit en un même lieu plusieurs centaines d’enfants, sont profondément modifiées. On leur demande d’organiser des « tâches pédagogiques », des « animations éducatives » et d’assurer la « sécurité physique et morale des élèves ». Autrement dit, la discipline n’a plus de légitimité que quand elle consiste à garantir la sécurité des enfants…

La réforme est parachevée en 1982 : le corps des conseillers et conseillers principaux d’éducation est détaché des personnels de direction pour être rapproché de celui des enseignants. En 1989, il est unifié sous le sigle CPE.

Le CPE d’aujourd’hui est censé « collaborer avec les professeurs pour connaître le travail, les résultats et le comportement en classe des élèves », ainsi que faire de « l’animation éducative auprès de ces derniers autour de leurs résultats, leur travail et leur attitude, collectivement ou individuellement. » Ses missions de surveillance sont, sur le papier, passées au second plan (heureusement, dans la pratique, elles restent souvent prépondérantes).

L’ambiguïté autour de sa mission, pourtant vitale au bon fonctionnement d’une école, a permis que l’indiscipline et la violence prennent des proportions ahurissantes : durant l’année scolaire 2005-2006, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 82 000 actes de violence grave dans les établissements scolaires. Et si la violence à l’école a toujours existé, c’est seulement au cours des quatre dernières décennies qu’elle est passée du chahut à une violence anomique, comme le démontrait une étude réalisée par l’historien Philippe Conrad pour l’Institut de recherche indépendant pour l’éducation (IRIÉ).

Sur le plan disciplinaire, la circulaire du 13 juillet 2000 a achevé de le priver de tout pouvoir. Lors de l’exclusion ponctuelle d’un cours par exemple, le CPE ne peut plus que se contenter de recevoir l’élève exclu et d’en référer au principal ou au proviseur.

Pour rétablir la discipline dans les écoles, chaque établissement devrait être doté de surveillants professionnels.

Dans les écoles primaires, le surveillant devrait superviser l’arrivée des élèves et leur entrée en classe le matin et au début de l’après-midi, les récréations, la cantine et la sortie des classes.

Dans les petites écoles (moins de cinq classes), ce rôle peut néanmoins être confié à tour de rôle aux professeurs, surtout aux moments où ils sont de toute façon présents.

Dans les collèges et lycées, une organisation plus complexe serait nécessaire, un « surveillant général » encadrant plusieurs surveillants, selon la taille de l’établissement.

Mais dans tous les cas, leurs missions doivent être redéfinies de manière simple et concise : veiller sur tous les élèves en-dehors des classes, et punir chaque fois que nécessaire.

Bien entendu, les bonnes âmes s’en offusqueront. Mais la priorité de SOS Éducation est que les enfants bénéficient d’une bonne ambiance de travail à l’école, et soient protégés des abus des plus forts. Les adultes n’ont pas le droit, au nom de l’idéologie, de leur refuser cela.

Super Pédago contre le b.a-ba

21 août 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Toute ressemblance avec Philippe Meirieu serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son blog.

L’uniforme, pour une bonne tenue

21 août 2009

Lors de la rentrée scolaire 2008, TF1 avait consacré un reportage au port de l’uniforme dans les écoles martiniquaises, où de nombreuses écoles, la majorité des collèges et la moitié des lycées ont adopté le principe de la tenue obligatoire. On voyait dans ce reportage des mères de famille se féliciter de l’avantage économique que cette solution représentait pour elles : « Ça revient moins cher d’acheter quelques tee-shirts, quelques pantalons pour toute l’année scolaire », disait l’une ; « Ça m’arrange au niveau du porte-monnaie, et puis il n’y a pas de discrimination à l’école au niveau des enfants, il n’y a pas de différences, c’est très bien », disait une autre.
Du côté des élèves eux-mêmes, même si deux d’entre eux avouaient préférer « s’habiller comme on veut » et « qu’il y ait des dessins, des marques » sur leurs vêtements, la majorité se montrait également favorables à l’uniforme : « Ça me permet de ne pas choisir de vêtements le matin, c’est un truc fixe », disait un garçon ; « Le matin, on ne se casse pas la tête pour aller chercher si on met ci ou on met ça », confirmait une jeune fille ; « Il n’y a pas de souci, je n’ai pas besoin de chercher quel vêtement je vais mettre demain… », ajoutait une autre.

Courant dans les Antilles et en Guyane, en France métropolitaine l’uniforme a disparu de la presque totalité des établissements scolaires publics – à l’exception de la Légion d’honneur et des six lycées de la Défense dépendant des armées de terre (La Flèche, Aix, Autun et Saint-Cyr ), de l’Air (Montbonnot Saint-Martin) et de la Marine nationale (Brest) – et de la très grande majorité des établissements privés. Il reste cependant à l’honneur dans quelques écoles hôtelières.

Lors d’un déplacement à Londres, en janvier 2009, Xavier Darcos s’était déclaré favorable à la réintroduction d’un code vestimentaire au sein des établissements : « dans certains établissements où il y a une très grande mixité sociale, de très grande disparités d’origine, on pourrait expérimenter en effet que les élèves aient tous les mêmes tee-shirts ou une tenue comparable », avait-il dit. « Si on n’appelle pas l’uniforme le retour à la blouse grise et que l’uniforme est sous forme d’un tee-shirt signe qui signale l’appartenance à l’établissement, je pense que ça met tous les élèves dans une situation d’égalité les uns par rapport aux autres. »
Cet argument, qui revient régulièrement dans la bouche ou sur la plume des partisans de l’uniforme scolaire, doit être complété. S’il est vrai, comme l’écrit l’ethnologue Yves Delaporte, directeur de recherche au CNRS, que « Dans toutes les sociétés, les hommes ont, à des degrés divers, fait usage du costume comme moyen de communication » (1), il est logique que l’adoption de l’uniforme ait des conséquences sur les rapports qu’entretiennent les élèves entre eux et avec les adultes, partant sur la discipline et la paix scolaires.

L’uniforme est en effet un facteur de concorde pour plusieurs raisons.
En évitant que les élèves ne se jugent par rapport aux vêtements et aux marques qu’ils portent, l’uniforme est un facteur de concorde et d’unité entre les élèves, d’autant plus puissant qu’il développe l’esprit de corps.
Pour les mêmes raisons, il réduit les vols et les violences au sein des établissements : on est davantage tenté de voler un vêtement de marque à la mode, qu’une pièce d’uniforme que l’on porte soi-même. De même, l’effacement des signes distinctifs de richesse limite les risques de racket.
Il contribue à différencier l’école du monde qui l’entoure. Cette « coupure » avec l’environnement – que critiquent d’ailleurs les adversaires de l’uniforme – est particulièrement bénéfique lorsque cet environnement est instable ou violent.
Il pacifie aussi les rapports entre les élèves de sexes différents, en évitant le port de tenues qui n’ont pas leur place au sein d’un établissement scolaire.
En cas d’intrusion extérieure, il permet d’identifier immédiatement les élèves qui n’appartiennent pas à l’école.
Il favorise la concentration des élèves en contribuant à créer une ambiance de travail.

Les élèves en souffrent-ils ? Daniel Faivre, Professeur à Courbevoie et syndicaliste du SNES, ne le pense pas : « J’ai participé à un jumelage scolaire entre le Lycée Paul Lapie de Courbevoie et le Lycée Sissowath à Phnom Penh », racontait-il dans la revue Medium à l’été 2006. « La comparaison était confondante : au Cambodge, les visages étaient joyeux, rieurs et les uniformes simples (pantalons et jupes bleu marine, chemises et chemisiers blancs) ajoutaient encore à cette impression de bonheur d’apprendre et de vivre. Les visages fermés, aux expressions désabusées, les allures traînantes, comme dégoûtées, le corps avachi, l’écoute ironique ou indifférente et enfin, pour couronner le tout (il est vrai qu’en France c’était l’hiver), vêtements unisexes, pantalon blouson, noir en majorité, tout laissait à penser aux Cambodgiens qu’un drame profond frappait la France ! Eh bien, oui… la « modernité », issue de la fameuse révolution des moeurs, allie à la fois, à l’école, un égalitarisme sexuel moralisateur et misandre et un laisser-aller disciplinaire (encore un mot interdit !), ainsi que vestimentaire. Rien d’heureux dans les visages, les allures, les paroles. Mais une névrose agressive qui court. Oui, un drame profond frappe les écoles en France. Certains de nos jeunes Courbevoisiens souriaient même avec condescendance de la naïveté, de la simplicité – être heureux d’aller à l’école! – de la « ringardise » des élèves cambodgiens. »
Certes, l’uniforme ne fait pas le bonheur, mais il semble qu’entre les enfants des survivants du génocide mis en œuvre par les Khmers rouges dans les années 70 et ceux des libertaires de 68, les plus heureux de vivre et d’apprendre ne soient pas les seconds !

Le Cambodge est délivré depuis longtemps de la tyrannie des Khmers rouges et les jeunes Cambodgiens ne se sentent pas plus enrégimentés que les élèves sud-coréens, philippins, malais, singapouriens, japonais, mexicains, australiens, néo-zélandais, américains, canadiens, irlandais, anglais, qui portent couramment l’uniforme. Au Canada et aux Etats-Unis, où l’uniforme restait majoritairement choisi par les écoles privés, il tend à se répandre dans les établissements publics, qui préféraient jusqu’à présent édicter un code vestimentaire.
Pourquoi ce qui est couramment et parfaitement admis dans de si nombreux pays serait-il inconcevable en France ? Reste à savoir à quoi pourrait ressembler un uniforme ou plus simplement un code vestimentaire, conçu pour une école publique française.

Si l’on considère les exemples privilégiés à l’étranger, en Australie, les garçons portent un pantalon ou un short, avec un pull, une chemise ou un tee-shirt, les filles une jupe ou une robe ainsi qu’un chemisier ou un tee-shirt. Peuvent s’y adjoindre un blazer, une cravate et un chapeau.
Au Japon, dans les établissements qui n’imposent pas l’uniforme traditionnel (gakuran ou saillir fucus), la tenue se constitue d’une chemise blanche, d’un pantalon, d’une veste et d’une cravate pour les garçons ; d’une jupe plissée, d’une veste, d’un pull sans manches et d’une cravate ou d’un nœud pour les filles.
En Grande-Bretagne, les élèves portent un blazer, une chemise bleue ou blanche, un pantalon ou une jupe noire ou bleu marine, un pull de même couleur, la cravate de l’école, des chaussures noires.

Il est également possible de s’inspirer des modèles français, comme celui adopté par le lycée technologique de Bonneveine, à Marseille : chemise, cravate, pantalon et chaussures de ville pour les garçons, tailleur gris pour les filles ; ou celui du collège privé Hautefeuille à Courbevoie : chemise ou polo blancs, pantalon gris ou noir, pull vert bouteille avec l’écusson du collège, chaussures de ville, cravate du collège ; ou encore le type d’uniformes en usage à la Martinique : tee-shirt blanc avec le logo de l’école, jupe écossaise pour les filles, pantalon en jean bleu pour les garçons.
Chaque établissement devrait rester maître de définir lui-même l’uniforme qui lui convient, en interdisant par ailleurs les tenues négligées (piercings, maquillage, coiffures à l’iroquoise, etc…) et en précisant les types de chaussures autorisés (pour éviter le port de chaussures de sport en dehors des heures consacrées à l’éducation physique).

Conférence d’Elysabeth Nuyts

20 août 2009

Nous vous informons de la conférence donnée le 14 septembre 2009, à Ecully (ouest de Lyon), par Elisabeth Nuyts. Cette conférence sera organisée par le SPES Méthodologie ainsi que par des parents d’élèves et suivie de trois jours de formation pour les parents, les éducateurs et les professeurs (places limitées).

Elisabeth Nuyts, pédagogue du langage, professeur et chercheur en pédagogie, a reçu le prix « Enseignement et Liberté » en 2002, ce prix couronnant plus de vingt années de travail sur le terrain.
Ses recherches ont en effet permis de relier quatre disciplines intéressées par l’éducation des enfants : la neurologie, la pédagogie, la psychologie et l’analyse du comportement cognitif.
Grâce à cette corrélation, et à la variété des cas rencontrés, plus de mille à ce jour, elle a mis au point des moyens pour remédier aux difficultés d’apprentissage et notamment de concentration et de mémoire. Elle a été invitée en 2007 par Gilles de Robien, alors ministre de l’Éducation nationale, pour lui présenter ses travaux.

Lors de cette conférence , Mme Nuyts vous fera part de ses découvertes, et, à partir d’exemples concrets, vous permettra de comprendre, comment vous, éducateurs, parents et enseignants, pouvez aider vos enfants à grandir sur le chemin de l’autonomie.

Mme Nuyts ne se contente pas de mettre le doigt sur ce qui va mal, dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, troubles de la mémoire et du comportement. Bien plus important, elle explique comment remédier à cela et donne de vraies solutions, simples et efficaces.

Le 14 septembre 2009, à 20 h
Espace Ecully
7, rue du Stade
Ecully (à 10 minutes du centre de Lyon)

Programme :

Comment sauver nos enfants du désastre pédagogique
• Dégoût de la lecture, baisse de niveau
• Violence, révolte, échec scolaire
• Démotivation, explosion de la dyslexie
• … Et si tout était lié ?
Pour une pédagogie de la réussite
• Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie
• Troubles de la mémoire et du comportement
• Prévention et remèdes

Réservation :

Réservation obligatoire avant le 12 septembre pour les journées de formation.
Renseignements au 06 61 266 266 ou spes69@free.fr ou http://www.spesmethodologie.fr