Archive for juin 2009

« La liberté d’enseignement », par Jean-Noël Dumont (2/2)

30 juin 2009

Ceci est la seconde partie (en deux sous-parties) de l’intervention de Jean-Noël Dumont, directeur du Collège supérieur de Lyon, lors de l’Assemblée régionale de SOS Éducation à Lyon, sur le thème de la liberté d’enseignement.

Retrouvez nos vidéos sur YouTube.

Création d’une école libre en Alsace : appel aux dons

30 juin 2009

Voici un courriel envoyé par Marlyne Tortiello, directrice du Cours Sainte-Odile, à Mollkirch (Bas-Rhin, Alsace):

Je suis sur le point d’ouvrir une école hors-contrat en Alsace, région où celles-ci font cruellement défaut. Les causes que je peux relever comme évidentes sont celles du Concordat (réel barrage de l’évêché pour les projets d’écoles chrétiennes), et également du caractère tiède de la population face à de nouveaux projets…

Mon projet est donc bien ficelé et prêt à démarrer pour le rentrée 2009. Je vous invite à regarder le site de l’école, qui vous présentera le projet pédagogique et humain.

Malheureusement, pour l’heure, je n’ai que peu d’inscriptions. Je pense que, malgré tout, il faut démarrer et que l’année prochaine sera le réel départ de l’école, laissant derrière elle toutes les appréhensions diverses des parents.

Je vais lancer une campagne de dons. Mais j’essaie d’obtenir des aides au démarrage, car il va falloir couvrir les divers frais. À savoir, notamment, que nous aurons 400 € mensuels de location de locaux. D’après mes estimations il faudrait compter 1 000 € de frais divers d’achat de matériel et d’avance d’achat de livres, etc. Tout cela sans parler de rémunération…

Y-a-t-il donc une possibilité d’obtenir un coup de pouce ?

Je vous remercie d’avance de votre réponse, et vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

Pour envoyer vos dons, écrire à :

Marlyne Tortiello
Directrice
Cours Sainte-Odile
5, rue du Mont Sainte-Odile
67190 Grendelbruch

Deux fois plus d’absentéisme chez les enseignants du primaire que chez les salariés du privé

29 juin 2009

RTL révélait ce matin les résultats d’une enquête du ministère de l’Éducation nationale, qui établit que 45 % des enseignants du primaire ont posé au moins un congé maladie durant l’année scolaire 2007-2008, soit deux fois plus que les salariés du privé (22 %). Très prudent, le nouveau ministre, Luc Chatel, « refuse la stigmatisation par principe d’une profession » et refuse également de parler d’« abus ». Il évoque le « contact du public » ainsi que la formation pour expliquer la différence du simple au double avec les salariés du privé. Pourtant, le rapport attribue notamment les arrêts maladie des professeurs des écoles maternelles et élémentaires aux « grippes et gastro-entérites saisonnières », dont on ne voit guère pourquoi elles les toucheraient deux fois plus que les autres salariés.

À lire, sur le même sujet, les billets du Privilégié et d’Yves Thréard, du Figaro.

Roman Bernard

Absentéisme

« La liberté d’enseignement », par Jean-Noël Dumont (1/2)

25 juin 2009

Ceci est la première partie de l’intervention de Jean-Noël Dumont, directeur du Collège supérieur de Lyon, lors de l’Assemblée régionale de SOS Éducation à Lyon, sur le thème de la liberté d’enseignement.

Retrouvez nos vidéos sur YouTube.

Luc Chatel, un homme neuf pour un souffle nouveau

24 juin 2009

La nomination, hier, de Luc Chatel au ministère de l’Éducation nationale n’a pas manqué d’étonner certains commentateurs de l’actualité politique. Luc Chatel, venu de l’entreprise, spécialisé dans les questions industrielles et de consommation, se distingue de nombre de ses prédécesseurs issus du sérail.

Est-ce une mauvaise nouvelle ? Pas sûr. Les précédents ministres, souvent enseignants de profession (Xavier Darcos est le dernier en date, mais on peut citer Luc Ferry, de la même majorité, de 2002 à 2004), n’ont pas rencontré le succès que leur «connaissance des dossiers» aurait dû favoriser. Pire, ils ont semblé gênés aux entournures quand il s’est agi de tenter d’imposer leur politique aux syndicats d’enseignants réfractaires.

La culture d’entreprise, libérale, de Luc Chatel, ses qualités de communicant, sa conscience des lourdeurs bureaucratiques de l’Éducation nationale et de leur rôle prépondérant dans le désastre éducatif en cours, devraient lui permettre de conduire de manière plus efficace les nécessaires réformes du système éducatif.

Ou, tout du moins, d’essayer de faire bouger une technostructure systématiquement rétive au changement.

A lire aussi, notre article et la chronique d’Isabelle Hannart sur le site de SOS Education.

Roman Bernard

Reconquête du mois de juin : réponse à la FCPE, par Bernard Buffard

22 juin 2009

La reconquête du mois de juin serait, selon la FCPE, la cause d’une impossibilité, pour les parents, d’assister aux conseils de classe du troisième trimestre.

Certes, le ministère de l’Education nationale, dans sa circulaire de janvier 2009, contraint enfin les établissements à organiser les conseils de classe le plus tard possible et de préférence à partir du 15 juin.

Le contenu de la circulaire précisait que les dates des conseils de classe du troisième trimestre se dérouleront :
– Pour les classes de terminale à compter du 8 juin
– Pour les classes de première à partir du 11 juin
– Pour les classes de seconde à compter du 15 juin
– Les commissions d’appel à compter du 25 juin.

Ce calendrier, plus serré et surtout plus cadré, a le mérite de préserver le temps d’enseignement du mois de juin. C’est une avancée non négligeable, à mettre au compte du ministère.

Il est possible qu’un certain nombre d’établissements détournent ces nouvelles règles pour placer ces conseils de classe en pleine journée, privant ainsi les élèves des cours auxquels ils ont droit.

Cette situation inacceptable existait déjà par le passé. Nous la dénoncions dans notre livre : Collège-lycée : service public d’éducation ?.

A raison de deux conseils par soirée (proviseur, proviseur-adjoint et conseiller principal d’éducation), les établissements sont en capacité d’organiser les conseils de classe sans empiéter sur le temps scolaire tout en respectant les délais imposés par le ministère. Les parents d’élèves peuvent alors siéger aux conseils.

Les élèves en échec au baccalauréat ne le sauront que le 7 juillet. Cela ne change donc rien à la procédure habituelle.

Il est tout de même surprenant qu’une fédération de parents d’élèves s’insurge contre une mesure favorable aux jeunes et à leur avenir.

J’ose espérer que la situation décrite par la FCPE, (cf. conseils ayant lieu en journée) soit vraiment exceptionnelle.

Des solutions de bon sens existent, il suffit d’avoir la volonté et le courage politique pour les mettre en œuvre afin de faire progresser le système éducatif.

L’objectif n’étant pas d’opposer parents, enseignants et chefs d’établissement, mais de travailler ensemble pour une meilleure réussite des jeunes et un temps d’enseignement préservé.

Bernard Buffard

Réformer le lycée sans «s’attaquer» au statut des enseignants ?

19 juin 2009

Extrait d’un interview accordé hier par Richard Descoings à l’agence de presse AEF :

On peut réformer substantiellement le lycée sans revoir un statut qui date d’ailleurs de 1950. Heureusement que depuis cette date le lycée n’a pas manqué d’évoluer ! Mais je veux souligner que le terme que vous utilisez est très bon : «s’attaquer à». Il supposerait que tous les professeurs d’un côté et l’ensemble du ministère de l’autre s’affrontent bloc contre bloc. Or ce n’est pas comme cela que ça se passe. Les enseignants sont très nombreux, et ils portent des conceptions de leur métier qui peuvent être sensiblement différentes. Leurs organisations syndicales reflètent très bien ces clivages.

J’aurais pu dire, «allez-y attaquez-vous au métier enseignant». A partir du moment où l’on dit cela, on peut être sûr de bloquer tout le processus de réforme. Et à ce moment-là, qui paiera pour les disputes entre adultes ? Ce sont les jeunes. On ne peut pas attendre 2012, 2017 ou 2022 pour mener à bien des réformes importantes pour les lycéens.

Il est plus important de savoir comment accompagner les enseignants dans leur métier que de réformer les décrets de 50 ! Il y a une forte attente des enseignants sur ce sujet. Le déclin de la formation continue des enseignants est désastreux. Quelle organisation humaine de près d’un million de personnes peut se permettre de ne pas accompagner via la formation tout au long de la vie, des personnels qui ont un rôle aussi important pour l’évolution des jeunes ?

Il est intéressant de noter que Richard Descoings constate le «déclin de la formation continue», mais qu’il ne fasse aucun lien avec le statut des enseignants. Pourquoi une personne serait-elle désireuse de se former dans son métier, si son emploi est garanti à vie ? Le statut n’est-il pas, justement, la clef du problème ?

Roman Bernard

Débat sur le chèque-éducation

18 juin 2009

Intéressant débat chez Mathieu L., alias «Le Privilégié», professeur d’histoire-géographie dans un lycée de ZEP en Seine-Saint-Denis. Il y donne son point de vue sur le chèque-éducation, mesure proposée par SOS Education. Il en rappelle le principe : «Il s’agit de redistribuer l’argent consacré aujourd’hui à l’éducation sous forme de chèque à l’ensemble des citoyens ayant des enfants pour leur permettre de choisir librement leur école.» Et en vient même à reconnaitre que «l’idée est très séduisante». Dès lors, pourquoi «Le Privilégié» ne croit-il pas aux «promesses de ce chèque» ?

D’abord, on considère qu’avec ce chèque, les familles auront le libre-choix de leurs écoles. On […] met donc en avant […] l’idée de libre-concurrence entre les écoles pour séduire le demandeur. Or, on sait que lorsqu’un système éducatif est mis en concurrence, ce ne sont pas les usagers qui choisissent leur établissement, mais les établissements qui choisissent leurs élèves.

Ils pourront aussi choisir leurs enseignants. Et les élèves choisis voudront, comme leurs enseignants, se trouver dans leur établissement, plutôt que de subir, dans le cas des élèves, leur établissement du fait de la carte scolaire, et, dans le cas des enseignants, par des mutations décidées verticalement par le ministère.

Qu’est-ce qui empêchera une école de demander un tarif plus élevé que le chèque-éducation ? On pourra comme cela créer des écoles pour riches qui absorberont en plus des fonds publics.

Rien n’empêche d’imaginer, d’abord, un chèque-éducation dégressif selon les revenus des parents. En outre, le montant proposé par le Parti libéral-démocrate (6810€) permettrait le financement d’une scolarité de base.

À lire aussi, le billet de L’Hérétique.

Roman Bernard

Chèque-éducation

Sondage de la PEEP : 25 % des parents d’élèves estiment que l’enseignement s’est dégradé

18 juin 2009

Lu aujourd’hui sur le site du journal L’Alsace :

Un quart des parents d’élèves estiment que la qualité de l’enseignement s’est dégradée durant l’année scolaire écoulée, selon un sondage publié mercredi par la Fédération des parents d’élèves de l’Enseignement public (Peep).

La situation s’est dégradée cette année par rapport aux années précédentes en ce qui concerne le remplacement en cas d’absence des enseignants, pour 37 % des parents (42 % des parents de collégiens et 44 % des parents de lycéens). Pour 10 % seulement la situation s’est améliorée, pour 47 % elle n’a pas changé.

La qualité de l’enseignement s’est dégradée pour 26 % des personnes interrogées, s’est améliorée pour 15 %. 56 % ne voient pas de changement.
En revanche, pour 31 % des parents interrogés, les aides et conseils en cas de difficultés scolaires se sont améliorés. Ils se sont dégradés pour 16 % d’entre eux, sont restées inchangés pour 45%, révèle cette enquête BVA réalisée en mai auprès d’un échantillon de 539 parents d’élèves âgés de deux à 20 ans, adhérents ou non à la Peep.

La réforme des lycées doit «expérimenter en priorité» un «suivi personnalisé du travail des élèves», pour 61 % des parents de lycéens interrogés.
52 % des parents d’écoliers interrogés estiment que les évaluations menées en CE1 et CM2 «vont permettre de connaître précisément le niveau de (leur) enfant» et, pour 34 % d’entre elles, «de mieux préparer (leur) enfant à la classe supérieure».

29 % des personnes interrogées (43 % des cadres) jugent que ces évaluations «ne servent à rien», 31 % pensent qu’elles serviront à «classer les écoles».

Projet de réforme de l’enseignement des sciences

18 juin 2009

Par Jean-François Geneste, conseiller scientifique du groupe EADS.

Le niveau scolaire des futurs ingénieurs baisse de façon alarmante. Il s’accompagne d’une passivité et d’un désintérêt pour les matières étudiées. En effet, le niveau d’exigence, tant lors de la sélection des élèves que concernant leur scolarité, s’est abaissé : on attend à présent d’un futur ingénieur ce qu’on attendait d’un technicien. On ne sollicite plus la capacité de l’élève à raisonner. La réflexion personnelle, dynamique et spontanée face à l’enseignement reçu fait défaut. Surtout, c’est une forme de suffisance qui maintient les élèves dans la médiocrité, une étiquette d’élite qui annihile toute volonté de dépasser les acquis. On cherche davantage à «produire» des gens formatés, que compétents ou créatifs afin qu’ils correspondent à un système, au contexte économique dans lequel ils seront placés. Une autre pédagogie viserait à replacer l’élève au centre du système et donner réellement à l’école pour vocation de développer les facultés à raisonner et à penser de chacun. Cela implique un entraînement au raisonnement, en stimulant très tôt la capacité à conceptualiser, réintroduisant à cette fin les disciplines de bases, telles que la règle de trois, l’algèbre, la géométrie dès le primaire (par des concours de résolution de problèmes) ; la physique quantique et les probabilités, au lycée et en classe préparatoire. Toutes ces matières devraient être enseignées en vue de leur réalisation pratique et en interaction les unes avec les autres. Il s’agit de conduire l’élève à cultiver sa pensée, lui donner le goût de l’effort sur lui même et de la rigueur au prix desquels il acquerra les qualités nécessaires à l’exercice de son métier et sa liberté d’individu.

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Étude également disponible au format papier, sur demande, au prix de 3 €.