Archive for mai 2009

Valoriser l’« engagement étudiant » ?

31 mai 2009

Valérie Pécresse a déclaré que « toutes les formes d’engagement [étudiant] doivent être reconnues, et valorisées […]. Il faut que les universités et les écoles intègrent ces données dans le cadre des diplômes qu’elles délivrent : il existe de nombreux moyens pour valider ces expériences. » Le ministre de l’Enseignement supérieur propose ainsi d’octroyer des crédits ou des points bonus pour la rédaction de mémoires retraçant le parcours associatif de l’étudiant. Le diplôme pourrait ainsi mentionner l’engagement dans telle ou telle cause de l’étudiant. Cela n’est pas sans rappeler la consultation sur la réforme du lycée, qui faisait aparaître une volonté de faire du lycée un « lieu de vie » où seraient constitués des « clubs », où seraient également développées des activités périscolaires. Outre qu’une fois encore, les savoirs sont absents d’une telle proposition, le risque est grand que des syndicalistes étudiants, professionnels de la grève et du blocage, valorisent leur engagement dans des syndicats pour obtenir leur diplôme à peu de frais.

Roman Bernard

Violences scolaires : le constat

31 mai 2009

À lire, sur le site de Jean-Yves Willmann « État de droit », « Violences scolaires : ils SAVAIENT, sont au pouvoir depuis 2002 et n’ont RIEN fait ».

Classique et novateur

29 mai 2009

Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos et le président du Conseil général de Vendée Philippe de Villiers ont annoncé le lancement d’une étude sur la création d’un collège à Montaigu (Vendée) qui valoriserait l’enseignement des humanités classiques (lettres, arts, culture et langues vivantes). De la part de Philippe de Villiers, cette annonce fait écho à son soutien au chèque-éducation lors de la campagne présidentielle de 2007, une mesure que nous proposons.

Elle est plus étonnante de la part de Xavier Darcos, qui n’a pour l’instant pas initié la réforme du collège unique, alors qu’il a engagé les réformes de l’école et du lycée, allant dans le sens d’un retour aux méthodes antérieures à celles des pédagogistes dans le premier cas, et d’une accentuation des dérives de ces dernières dans le second. Ce projet-pilote d’un collège dédié aux humanités classiques va dans le bon sens, à tel point qu’on peut se demander si, tout compte fait, ce n’est pas SOS Education qui dicte sa politique à Xavier Darcos. Plus sérieusement, l’expérience que représente ce collège novateur peut déjà faire regretter par anticipation le possible remplacement de Xavier Darcos par Richard Descoings, que l’on annonce au ministère de l’Education nationale lors d’un remaniement ministériel en juin prochain.

Ce collège devrait ouvrir ses portes à la rentrée 2012 ou 2013. Son modèle a pour vocation d’être généralisé en France.

Roman Bernard

Les vraies solutions à la crise de l’école

26 mai 2009
Voici la vidéo de la conférence donnée le 7 mai dernier à Grenoble (Isère) par le délégué général adjoint de SOS Education, Aldric Boulangé, dans le cadre des «Cafés Liberté» organisés par l’association Liberté Chérie. Partant du constat d’échec de l’Education nationale, et du contraste entre cet échec et les moyens colossaux qui lui sont alloués par l’Etat, Aldric Boulangé a proposé les vraies solutions à la crise de l’école, parmi lesquelles le chèque-éducation.

Assouplissement de la carte scolaire ?

25 mai 2009

En dépit de la volonté affichée par le ministère de l’Éducation nationale d’assouplir la carte scolaire pour laisser les parents plus libres du choix de l’établissement de leur enfant, il semble que la réalité soit moins simple. Frédéric et Hélène Eichel, résidant à Boulogne-Billancourt, l’ont constaté pour leur fille Myriam, actuellement en troisième et qui s’inscrira l’an prochain au lycée.

Désireuse de faire des études d’architecture, celle-ci compte s’inscrire au lycée Jean-Baptiste-Say, dans le 16e arrondissement de Paris, où l’option histoire de l’art est dispensée. Problème : bien qu’il n’y ait que deux stations de métro entre le domicile de ses parents et le lycée, c’est assez pour passer de l’académie de Versailles à celle de Paris et donc devoir demander une dérogation.

Dans le cas de Myriam, dont les parents demandent une dérogation pour des raisons pédagogiques, l’option histoire de l’art ne fait pas partie des options inter-académiques qui permettent d’obtenir un changement d’établissement. En conséquence, M. et Mme Eichel devront placer Myriam dans le lycée public de Boulogne-Billancourt, Jacques-Prévert, ou bien dans un lycée privé.

Roman Bernard

Evaluaprof

23 mai 2009
Dessin d'Eric Galland

Dessin d'Eric Galland

La reconquête du mois de juin, par Bernard Buffard

22 mai 2009

Ce qui semblait utopique, il y a moins de deux ans encore, devient progressivement une réalité.

Depuis de nombreuses années, les élèves des lycées se retrouvaient en «chômage technique» (vacances) dès le début juin et parfois même avant. Ils perdaient ainsi chaque année 10 % de l’enseignement qui leur était dû pour réussir leurs études.

Certes, les jeunes n’étaient pas mécontents, mais le service public était largement défaillant. Le ministère s’est enfin attelé à la tâche en resserrant le planning du déroulement des épreuves d’examen des baccalauréats (général, technologique et professionnel).

En effet, depuis 2008, une première étape a été mise en place dans une quinzaine de départements pilotes pour réduire l’impact du déroulement des épreuves sur la scolarité des jeunes. Après cette première expérimentation réussie, en 2009, c’est une étape plus importante qui est mise en oeuvre : réduction de l’amplitude des épreuves, calendrier des conseils de classe et des commissions d’appels fixés, désormais, par le ministère pour éviter les dérives.

Certains élèves, souvent avec la bénédiction des parents, profitaient de la désorganisation provoquée par le déroulement des examens et des dates précoces des conseils de classe pour s’absenter pendant plusieurs semaines. Or, faut-il le rappeler, le calendrier scolaire est fixé pour tous au plan national et la scolarité reste une obligation légale en France.

Les établissements sont désormais chargés, eux, d’assurer un service d’enseignement jusqu’au 15 juin minimum, les conseils de classe ayant lieu après cette date, sauf pour les classes terminales. Les commissions d’appels ayant lieu vers le 25 juin.

Des marges de progrès sont encore possibles pour réduire l’impact sur le temps scolaire : organiser les épreuves pratiques après les épreuves écrites des baccalauréats, optimiser les surveillances des épreuves écrites en regroupant les candidats dans des grandes salles, organiser la correction simultanée de toutes les épreuves sur un minimum de temps (sur une ou deux journées afin de bénéficier de tous les enseignants pour la surveillance de toutes les épreuves), etc.

Enfin une dernière étape importante reste à franchir (le ministère ayant privilégié la prudence en mettant en place progressivement ces transformations) : celle de la réorganisation des épreuves des brevets de techniciens supérieurs (BTS). Aujourd’hui les premières épreuves se déroulent à partir du 15 mai, pour un jury final au début juillet !

Une proposition raisonnable pour une optimisation maximale : mettre en place les épreuves écrites de tous les BTS la semaine précédent celle des épreuves écrites des baccalauréats suivie des épreuves pratiques, des corrections et enfin des jurys.

Vous pouvez retrouver toutes ces propositions détaillées, faites l’an dernier, dans un rapport : «Le déroulement des épreuves d’examen : analyse et propositions».

En tenant compte de cette nouvelle organisation, les élèves pourraient bénéficier, enfin, d’un enseignement à temps complet jusqu’à la fin juin en classe de seconde, jusqu’aux épreuves anticipées pour les élèves de première, et jusqu’au 10 juin environ pour les étudiants de BTS.

Un temps d’enseignement supplémentaire au profit de la réussite des jeunes. N’est-ce pas là un objectif capital lorsque le taux de chômage des jeunes avoisine les 25 % ?

Bernard Buffard

Sécurité à l’école

20 mai 2009

Intéressant débat chez le blogueur Lomig, d’Expression libre, qui prône l’introduction de policiers dans les écoles pour y assurer l’ordre, après l’agression au couteau d’une enseignante par un élève de cinquième, vendredi dernier. Lomig ne voit «aucune raison valable à ne pas mettre des policiers ou des gendarmes, voire des militaires, dans les écoles et les cités pour rétablir l’ordre. Simplement pour permettre à ceux qui ont la malchance de vivre là de bénéficier, au moins, du plus élémentaire droit à la sécurité physique et psychologique.» Le ministre de l’Éducation nationale lui-même, Xavier Darcos, a déclaré souhaiter «examiner toutes les solutions possibles» dont «des portiques et des systèmes de fouille». Chacun de ces dispositifs, s’il n’oblige pas à la présence de forces de l’ordre dans les établissements, va dans le sens de la nécessaire sécurisation de leurs occupants.

Il est navrant que, face au problème de plus en plus récurrent de la violence dans et en-dehors des établissements scolaires, la prise de conscience ne se soit pas généralisée, notamment lorsqu’il s’agit des premiers concernés. Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN), déclarait hier que «face à un élève pris de folie, tous les portiques du monde seront impuissants. Cet élève se débrouillera pour faire entrer une arme que seule une fouille au corps peut détecter. Mais il s’agit d’une prérogative de la police que nous ne revendiquons en aucun cas».

Philippe Tournier estime en outre que dans le cas de violences extrêmes, «l’école n’a pas de réponse propre à apporter». Si le personnel de l’école, surveillants compris, n’est pas compétent pour répondre à la violence extrême de certains de leurs élèves, pourquoi pas l’introduction de forces de l’ordre ? Le secrétaire général du SNPDEN rejette également cette éventualité, proposée par le député Christian Estrosi (UMP), alors même que la fouille au corps lui semble relever de la seule compétence de la police.

Dès lors, on se demande bien quel moyen employer pour empêcher l’introduction d’armes dangereuses dans les établissements.

La réponse semble être toujours la même du côté des syndicats d’enseignants : le SNES-FSU demandait après l’agression de «privilégier l’éducatif sur le « tout-sécuritaire »», sans rappeler que l’éducation est impossible sans un minimum de sécurité.

Le SNES-FSU se contente d’appeler à «privilégier les moyens humains permettant le dialogue et l’accompagnement plutôt que de développer les « portiques » et dispositifs de vidéo-surveillance», à «donner les moyens aux établissements scolaires de faire un travail éducatif de qualité et dans la durée auprès des élèves» et à «revenir sur les suppressions massives de postes dans le second degré qui dégradent les conditions d’enseignement et dégarnissent les vies scolaires». Le SNES exige le «recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter, dans le cadre d’équipes pluriprofessionnelles complètes, des réponses éducatives sérieuses qui prennent en compte tous les facteurs qui engendrent ou aggravent les phénomènes de violence dans l’école». En somme, plutôt que d’accepter l’éventualité de solutions sécuritaires de base à l’école, certains syndicalistes appellent à augmenter encore les moyens humains et financiers. Et rejettent la responsabilité des violences sur les «tensions souvent violentes qui marquent la société actuelle». Comme si ces violences n’étaient pas aussi la conséquence de l’éducation apportée aux enfants et aux adolescents par l’Éducation nationale. Comme si celle-ci n’était pas aussi responsable.

A lire aussi, les analyses de H16, de l’Hérétique de Franck Boizard, d’Elisabeth Levy sur Causeur et la chronique d’Isabelle Hannart, secrétaire générale de SOS Education.

Arborescence des articles consacrés à ce sujet à retrouver sur Pearltrees :

Sécurité à l'école

Roman Bernard

Galère nationale

19 mai 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Commode laïcité

18 mai 2009

L’UNSA-Éducation, principale fédération des personnels de l’enseignement supérieur, va saisir le Conseil constitutionnel dans les prochains jours contre l’accord signé le 18 décembre dernier entre la France et le Vatican, qui établit la reconnaissance par la France des diplômes délivrés par des établissements catholiques. Parallèlement, un « collectif pour la promotion de la laïcité » va saisir le Conseil d’État pour obtenir l’annulation du décret officialisant cet accord, publié le 19 avril dernier. Dans la première démarche, c’est le principe constitutionnel de laïcité qui est invoqué, et qui serait remis en cause par cet accord. Outre qu’il est étrange que cet appel solennel à la laïcité soit également lancé par le Grand Orient, on ne voit pas bien quelle entorse à la laïcité peut bien représenter la simple reconnaissance en France de diplômes délivrés par des établissements catholiques français.

La raison de fond apparaît dans la seconde démarche : le « collectif pour la promotion de la laïcité » avance que cet accord, qui découle du Processus de Bologne, remet en cause le principe du monopole public de la collation des grades. Une fois l’argument consensuel de la laïcité avancé, la véritable crainte des opposants à cet accord est donc que l’on s’achemine, avec la construction européenne, vers une liberté académique au niveau universitaire que la France ne connaît plus depuis la fin du XIXe siècle.

Nous ne pouvons bien sûr qu’espérer que cet accord contribuant à libérer l’enseignement supérieur français ne sera pas annulé.

A lire également, sur le site de l’IRIE : Accord Etat français-Vatican : les partisans du monopole éducatif s’affolent .

Roman Bernard